Edition décembre 2005

Edito: Extrait de la lettre ouverte de Jean Huillet à Hervé Chabalier

L’opération marketing pour vendre ton deuxième livre est une réussite, on ne parle que de toi.

Je remarque que cette notoriété n’est pas due à ton talent de journaliste mais à l’annonce d’un livre sur les états d’âme d’un alcoolique repenti qui paraît-il a des idées pour lutter contre ce fléau.

Je voudrais te dire qu’à cause de ton attitude égocentrique, tu relances un débat polémique et stérile qui ne peut qu’aboutir à un comportement répressif (un de plus) à l’égard d’un secteur économique qui participe à la richesse de la France, à sa reconnaissance culturelle et à ses valeurs épicuriennes.

Je ne te parlerais pas de l’enracinement du vin dans la culture populaire (…) Il est au rendez-vous des citoyens quand ils fêtent leurs épousailles, les naissances, les promotions, autres réussites collectives ou individuelles.

Je ne te parlerais pas non plus, de tous les rapports scientifiques qui démontrent que le vin consommé, avec modération et régulièrement, a des effets positifs sur la santé (Cf. régime méditerranéen et différentes publications du COREVI). (…)

Je ne t’en parlerais pas car tu es incapable de penser le raisonnable après ton comportement irraisonné. Quand je t’ai connu à la fin des années soixante, militant de la Ligue communiste révolutionnaire ou maoïste, je ne sais plus, entre un joint et un discours pseudo-intellectuel sur la nécessité de faire la révolution pour abolir le capitalisme, tu vantais les mérites du peuple vigneron.

Je comprends qu’aujourd’hui, dans ta quête rédemptrice anti-alcoolique, tu veux faire payer aux autres ton passé excessif. (…)

Tu ne trouveras pas la paix en te réfugiant dans le répressif et la vengeance. Au fait, en parlant de répressif, toi qui jeune gauchiste admirais l’acte révolutionnaire violent… à quand un bouquin ou un rapport sur la vente d’armes où la France excelle.

Au regard du ratio ventes/morts, il est urgent de prévoir une campagne d’information quant à l’usage des armes. Je te suggère un auto-collant du type “attention cet engin peut provoquer la mort immédiate dès la première utilisation”.

Tu aurais pu comme journaliste, apporter ton talent pour informer justement et participer à l’épanouissement des citoyens, en faisant de producteurs honnêtes de vulgaires dealers.

Dans ta quête à devenir politiquement correct, tu es entré dans le club des dogmatiques et des intégristes, mais prends garde, l’excès de dogme tue le dogme.

Narcissique jusqu’à l’excès, encore une fois, tu n’as que faire du salut vigneron, je ne te salue pas.



Conjoncture - août/octobre 2005

Le résultat des transactions vrac des vins de table Languedoc Roussillon est sans appel. 42% des 506 000 hl échangés l’ont été à 2,32 e°/hl en moyenne et 68 % à moins de 3e. Pour les 213 982 hl commercialisés à 2,32 euros, cela donne avec un 12° à 90hl/ha, 2505 euros de revenu brut/ha.

En ce qui concerne les cours des vins de cépage, Cabernet et Merlot sont proches. Pour tous les deux 55% des volumes sont échangés entre 30 et 50 euros l’hecto mais dans cette tranche le cabernet est mieux valorisé. Par contre le merlot présente une particularité avec 11% des volumes commercialisés à 92 euros en moyenne. Un prix auquel seulement un peu plus de 3% des cabernets trouvent preneur. En ce qui concerne les syrah, 71% des volumes sont commercialisés entre 50 et 70 euros, mais il n’y a quasiment rien au dessus. Du côté des blancs, les structures de prix des sauvignon et des chardonnay sont sensiblement différentes. On trouve ce dernier à tous les prix : 25% des volumes à 54 euros en moyenne et 25% entre 100 et 142 euros et quand même 18% à moins de 50 euros. Ces écarts ne peuvent être liés uniquement à une différence de qualité. Le sauvignon lui se déploie sur une tranche 50 à 80 euros (62%) dont 30% à 53 euros en moyenne. Source Onivins


Observatoire viticole

Grâce à la ténacité du conseil général et de certains élus, l’observatoire viticole départemental est installé. Quatre groupes de travail se répartissent les grands thèmes liés à l’économie de la viticulture : veille concurrentielle, données économiques, foncier, environnement. Le tout encadré par un comité de pilotage réunissant l’ensemble des acteurs de la filière.

Un point sur l’avancée de la réflexion a été fait au début du mois. Si l’on s’en tient au groupe spécialisé sur l’analyse des données économiques, deux axes de travail ont été déterminés : le suivi d’une campagne viticole héraultaise et l’analyse des panels.

Sur ces deux domaines l’opacité des données apparaît. Le suivi de campagne se heurte à la difficulté d’approcher la situation à partir des DRM qui ne concernent dans le détail que les AOC. D’où la proposition de créer un outil susceptible de suivre le marché local à partir d’un questionnaire adressé aux entreprises. Ce type de démarche a été testé et a montré ses limites. La réflexion continue. L’analyse des panels, elle aussi n’est pas sans problèmes. Une observation des outils disponibles montre qu’actuellement, ils surévaluent la part des ventes en grande distribution (il est admis que 62% des achats sont effectués en GMS alors qu’ils ne représentent en fait que 50%) et que la consommation en Hard Discount est mal évaluée. La consommation dite hors domicile reste largement inconnue : au niveau national, sur 10,5Mhl, 3,2Mhl sont non suivis. Autrement dit on ne sait où ils passent. Enfin, le panel restauration, déjà très imparfait, risque de disparaître faute de financements.

Le chantier est donc difficile mais essentiel: comment peut-on élaborer des stratégies de développement sans connaissance du marché et du comportement des consommateurs ? Mais cela nécessitera une collaboration entière des entreprises de la production et du négoce (la notion de partenariat et de transparence va jusque là).



Soutien aux vignerons

Un numéro vert au service des vignerons
L’initiative prise par la Confédération paysanne nous est apparue utile et nécessaire dans la conjoncture actuelle.
Appelez du lundi au vendredi, entre 12h et 21h, en composant le 0800 881 668, à partir d'un poste fixe (appel gratuit). A l’autre bout du fil, des “compétences solidaires” vous aideront à prendre les bonnes décisions, à analyser la situation économique de votre exploitation, à vous informer sur les dispositifs d’aide dont vous pouvez bénéficier et sur les différentes procédures juridiques possibles. On vous présentera également les projets d’actions collectives que la Confédération paysanne pourra mettre en place auprès des différents créanciers.
N’hésitez pas à téléphoner.

Cellule de crise
Face à la situation dégradée au lendemain des vendanges, votre fédération a pris l’initiative le 7 octobre dernier de réunir l’ensemble des organisations professionnelles viticoles, les syndicats généralistes ainsi que le Conseil général, la DDA, la MSA, le Crédit Agricole et Groupama. Cette initiative a conduit le préfet de l’Hérault à convoquer une cellule de crise le 24 octobre.
En dehors du bilan d’étape des mesures Bussereau, dites de trésorerie, qui a été jugé médiocre par les organisations professionnelles, il a été demandé :

• mise en place d’un dégrèvement total ou partiel de la taxe sur le foncier bâti avec retard de la date de paiement au 23 décembre (date qui vient d’être reportée en juin 2006 pour étudier les dégrèvements).

• distillation pour les VDT et VDP dont les modalités d’application et de prix ont été réévaluées depuis les événements de Nîmes.

• repérage local des producteurs en très grande difficulté. Jean Huillet avait proposé une gestion rapide de cette dernière proposition notamment dans le cadre des cantons MSA. Ainsi courant novembre et décembre ont eu lieu 17 réunions cantonales auxquelles ont participé des représentants de la fédération et dont le secrétariat a été assuré par les conseillers MSA.

Contacts : MSA 0 800 44 78 75
FCCH, I. Ribes 04 67 07 03 30

Soutien du Crédit Agricole
Année blanche pour les prêts
A l’initiative de la fédération, l’ensemble des prêts non bonifiés sont reportés et le crédit accompagnera à un taux inférieur au taux de prêt et offre la possibilité de rallonger la durée (1 ou 2 ans). Pour les prêts bonifiés, une demande de dérogation a été déposée auprès du préfet de région.

Autres mesures
Préfinancement des primes à l’arrachage et de la distillation, portage du stock (25% de la récolte 2005), mesures financières pour les jeunes agriculteurs sur les incidents bancaires et étude approfondie de chaque situation.

PACTE
La région Languedoc Roussillon vient de mettre en place le Programme d’Appui à la Création et à la Transmission d’Exploitation en agriculture. Par ce dispositif, la région apportera une aide au diagnostic d'installation et de suivi, un soutien à l'investissement et au développement de l'exploitation. L'aide pourra atteindre 24000 euros. Ce programme est réservé en priorité aux installations hors-cadre familial et aux reprises des petites exploitations familiales.
Pour toute information : 04 67 22 93 38 ou installation@cr-languedocroussillon.fr



Les coopératives à l’assaut du direct…

Les caves coopés du Languedoc qui ont développé la vente directe sont connues, elles sont peu nombreuses. Ce choix stratégique demande : diagnostic sans concession, objectifs clairs, moyens de l’action nécessaires et cohérents, ténacité, organisation rigoureuse (méthode), gamme de produits identifiés…
A la demande de la fédération des coopératives d’Aquitaine, “Ineum Consulting” a décortiqué l’organisation commerciale des coopératives de la Gironde.

Pour faire simple, c’est comme chez nous ! Par exemple, la marque Mouton Cadet (11 millions de bouteilles) s’appuie sur les vins de la coopération avec des contrats de partenariats qui assurent 40 à 50% des volumes nécessaires pour le reste “gré à gré” et courtage.
Les caves coopés de la Gironde passent en “direct” avec le négoce avec ou sans partenariat plutôt que de s’appuyer sur des unions ou alliances même si Producta est une réussite et Alliance Bordeaux un échec ?
Comme dirait Lapalisse, il y a trois stratégies : le tout vrac, le tout bouteilles et le mix vrac bouteilles selon Ineum consulting.
En toute modestie et sans en appeler à un cabinet, nous avons élaboré un schéma identique et plus fin (voir CVC de juin et juillet 2005) en étroite collaboration avec les autres fédérations.
De fait, dans le Courrier du Vigneron Coopérateur, dans nos réunions de secteurs et dans nos rencontres informelles nous invoquons cette obligation de réflexion stratégique, pas pour anticiper une nième fusion (ce n’est qu’un moyen, pas un objectif) mais pour penser un projet de développement ou de réactivité face à l’évolution des marchés et face aussi au discours unique “faîtes de la qualité, baissez les rendements… et débrouillez-vous avec le bon dieu ou la calculette.”

Le marché est plus efficace. Les notions de segmentation, de rapport qualité prix, de compétitivité, prennent aujourd’hui un sens fondamental. Nous produisons des vins basiques (6 millions d’hl vendus en LR), des vins de cépages (4millions d’hl), des AOC vrac (2 millions d’hl avec les côtes du Rhône) auxquels s’ajoutent des vins conditionnés, voilà notre réalité. Les vins rares et chers qui font la une des journaux et des communications collectives sans attirer de nouveaux consommateurs représentent 10 à 15% d’un total de 14 à 15 millions d’hl vendus. Il ne faut oublier les produits annexes que sont les jus de raisins, les MCR ou les volumes distillés pour les alcools que l’on traite par défaut.

Tous ces segments correspondent à des contraintes de mise en marché bien différentes du discours unique.
C’est pourquoi les caves coopératives ou leur groupements doivent choisir une stratégie adaptée.

La transparence, la responsabilité, la solidarité et l’équité sont les piliers de l’éthique coopérative, il faut toujours le rappeler ou alors avoir le courage de faire autrement. Tout changement stratégique individuel ou collectif doit être analysé (avantages / inconvénients et tableau des points forts/points faibles) avant d’établir des objectifs clairs et cohérents.

Les services de la Fédération associés en réseau avec ceux des autres fédérations et l’appui de spécialistes sont en mesure de vous accompagner pour vous aider à la prise de décision. Vous êtes responsables de la fixation des objectifs, des moyens à mettre en œuvre et des corrections à apporter au projet dans le temps, nous vous proposons méthode de travail et appui administratif.

 

 

 

Vignerons Coopérateurs de l'Hérault
Rond point de la vierge Maurin BP 20006 34871 Lattes Cedex
Tél: 04.67.07.03.20