EDITO

L’année civile se termine, le marché de nos vins se met doucement en place. Cette période de l’année est naturellement le carrefour entre bilans et espoirs.

Il faut tirer les leçons du passé et être convaincus que l’avenir sera porteur d’espoir si les entreprises coopératives le décident et se réunissent pour construire enfin les outils de commercialisation dimensionnés donc peu nombreux. Des outils qui permettront à l’ensemble de la filière de reconstruire de la valeur, indispensable à la pérennité de nos exploitations donc à la vie de nos villages et de nos territoires.

La coopération par le poids humain, économique et territorial qu’elle représente, doit être le leader des adaptations rapides imposées par la réforme de l’OCM.

La fédération régionale a permis à une coopération unie de reprendre la place qui est la sienne dans cette région. Nous sommes conscients de notre force et des responsabilités que cela implique. L’année 2008 nous donnera l’occasion d’affirmer la première et de nous montrer digne des secondes.

Ce Courrier du vigneron coopérateur est le dernier départemental, le prochain sera régional. En effet, la fédération régionale vit enfin et nous mettrons à profit l’année 2008 pour la consolider et régler administrativement ce qui doit l’être.

Les chantiers sont importants, mais la tâche est exaltante. En 2008, comme depuis toujours, l’aventure collective est la seule qui vaille vraiment d’être vécue.

Bonne année à tous, ensemble …



JURIDIQUE ET FISCAL

HCCA ET STATUTS DES COOPERATIVES
Une importante réforme est entrée en vigueur le 1 er janvier 2007, suite à la Loi d’Orientation Agricole (LOA) du 5/01/2006.

L’Etat s’est désengagé de la tutelle des coopératives, confié dorénavant à un Haut Conseil de la Coopération Agricole (HCCA). Les procédures sont dématérialisées et réalisées sur le site www.hcca.coop  :
- demande d’agrément
- extension de zone ou d’objet
- retrait d’agrément suite à une fusion
- dépôt des comptes annuels et documents liés à l’assemblée générale.
- déclaration de prise de participation.

Des informations détaillées ont été communiquées aux caves coopératives et la Fédération répond quotidiennement à des demandes sur ces thèmes. Le HCCA n’est pas complètement opérationnel ce qui entraîne quelques inquiétudes sur le respect formel des procédures et les incidences sur le fonctionnement des coopératives.

Par ailleurs, même si dans les textes récents, les opérations de fusion de coopératives sont confortées selon des principes que l’on défendait (ex: rétroactivité), des dispositions réglementaires ne sont pas encore prises concernant l’information des associés et le rapport spécial de révision.

Comme d’habitude, l’Etat se désengage et prend des orientations (LOA) sans que les textes d’application sécurisent juridiquement tout le système.

Concernant la partie réglementaire du Code rural modifiée par le décret du 10 août 2007, nous travaillons sur la rédaction de nouveaux statuts types de coopératives. Des précisions interviendront sur les points suivants :

- la preuve de la qualité d’associé coopératif sera établie par la souscription de parts sociales.
- concernant la mutation d’exploitation, si le nouvel exploitant refuse d’adhérer à la cave coopérative, le cédant pourra se voir appliquer les sanctions statutaires.
- D’autres dispositions concernent le droit de communication, la répartition des résultats ou le fonctionnement du conseil d’administration ou de l’assemblée générale.

Au cours du 1 er semestre 2008, nous pensons vous transmettre des statuts à jour pour rappeler aux caves coopératives l’importance du formalisme, des statuts mal rédigés ou incomplets peuvent avoir deux conséquences :
- perte du statut de coopérative en cas de contrôle fiscal et de fonctionnement non conforme au Code rural.

Même si ce n’est pas fréquent, il faut rester vigilant, surtout si on met en parallèle la plainte contre la Coopé-ration aujourd’hui en cours à Bruxelles.
- risque de contentieux avec des adhérents si les relations ne sont pas clairement définies.
La Coopération a des statuts modernes, sachons les utiliser à bon escient.

 

LA REFORME DE LA CONVENTION COLLECTIVE
Depuis 2003, des négociations nationales étaient ouvertes pour réviser la classification des emplois et mettre en place une nouvelle grille des salaires.
L’évolution de la coopération imposait une modernisation de la Convention Collective.
Après des négociations difficiles, employeurs et syndicats sont parvenus dans une démarche constructive à un accord applicable au 1 er Janvier 2008.

La nouvelle classification des emplois est plus complète et mieux adaptée aux différents emplois occupés au sein de la cave coopérative.

La nouvelle grille des salaires sort de la logique ancienne qui laissait peu de marge de manœuvre à l’employeur. Elle donne la possibilité à l’employeur de dynamiser sa politique salariale, de disposer de plus d’autonomie et de faire progresser les salariés en fonction de leurs compétences et de leurs mérites. Les conséquences sont la disparition des coefficients hiérarchiques, du point binôme, et de la prime d’ancienneté sous sa forme précédente.

Depuis le mois d’octobre, les caves coopératives ont été largement informées de ces modifications et nous les accompagnons en cas de problème particulier.

 


SUIVI DE LA CONJONCTURE

Depuis plusieurs années, la fédération a mis en place des éléments permettant de disposer de manière régulière des informations statistiques concernant aussi bien les marchés que la récolte ou le vignoble. Ces informations sont diffusées régulièrement aux caves par le biais :

- D’un tableau mensuel de conjoncture (suivi des marchés vrac, sorties des chais, exportations, importations et consommation taxée).
- De diaporamas lors des réunions (Conseil d’Administration, concertation, secteur, Assemblée Générale …)
Ces outils sont utiles à la fédération et permettent aux caves de disposer des éléments de positionnement nécessaires à leurs négociations commerciales ou à la réflexion sur leurs orientations stratégiques .

Dans le cadre de la réflexion fédérale, trois commissions dont la problématique est orientée sur la dynamique d’entreprise ont été mises en place.Dans le cadre de la réflexion fédérale, trois commissions dont la problématique est orientée sur la dynamique d’entreprise ont été mises en place.


 
LES COMMISSIONS


COMMISSION TRANSFERT TECHNOLOGIQUE
C’est une commission transversale entre les commissions « agro alimentaires » et « créatrice de valeur ajoutée » pour :

• Initier et impulser des réflexions et travaux de recherches.
• Sensibiliser et informer en matière de nouvelles technologies, cela à tous les niveaux : viticulture, œnologie, commerce, management d’entreprise

Mais aussi
• Former les responsables des caves coopératives

Les réalisations 2007
Une formation au management stratégique . Les objectifs sont de permettre aux dirigeants de coopérative (Président et Directeur) d’être capable de déterminer une stratégie, la mettre en œuvre et la piloter. La formation est prévue sur 2 ans. Elle a été aujourd’hui proposée aux membres du CA de la fédération, certains suivent la formation avec leur directeur. Elle pourra être reconduite l’année prochaine pour un plus large public.

Une coordination des projets d’irrigation
Organisation d’une réunion d’information sur les projets d’extension des réseaux BRL.

Un projet de recherche : une étude dans le cadre des projets ingénieur sur les terres de filtration avec pour objectif : « Quel recyclage possible pour ces terres de filtration qui demain risquent de poser problème ?


COMMISSION « NICHE »
La coopérative, une entreprise à forte valeur ajoutée.
La première difficulté de cette commission réside dans la grande hétérogénéité des membres du groupe. En effet, les caves présentent des situations de niche qui reposent sur des situations variées :

- Un terroir ou marque permettant de porter la communication produit.
- Une rente de situation ou un territoire propice à la mise en valeur du produit.
- Un développement de services associés pour mieux vendre le produit.

Une définition peut néanmoins caractériser toutes ces situations : une cave de niche est une entreprise dont la stratégie est de capter plus de valeur ajoutée. Les caves attendent en premier lieu de cette commission qu’elle soit un lieu de concertation, d’échanges permettant ainsi une synergie d’action.

En second lieu et dans cet esprit de synergie, une réflexion sur des outils communs logistiques (plateforme, conditionnement, achats groupés…) doit être menée.


COMMISSION « AGROALIMENTAIRE »
La coopérative, une entreprise agroalimentaire .
Les premiers travaux engagés par cette commission ont eu pour objectif de répondre à une première nécessité : gérer l’offre vrac et échanger des informations économiques.

Pour cela la fédération a travaillé à :
- Mettre en place un tableau de bord des marchés vrac.
- Organiser de réunions de concertation inter-coopératives.
- Aller vers une veille des marchés permanente.

Parallèlement, la commission s’est attachée à rêver « la cave idéale ». La réflexion a amené un premier schéma d’organisation.



LES PROJETS D'ENTREPRISES
La présentation d’un projet stratégique d’entreprise mettant en évidence une réflexion avancée et prospective de l’entreprise sur 3 ans, est désormais indispensable à l’obtention d’aides financières pour des investissements matériels/immatériels des caves coopératives.

Les budgets du contrat de projet 2007-2013 sont moindres (désengagement de l’Etat). L’ensemble des projets ne pourra être retenu, la priorité sera donnée à l’émergence d’entreprises restructurées et modernisées répondant aux 3 objectifs prioritaires :

1. développement aval de l’entreprise
2. pérennité de l’entreprise sur le long terme
3. maintien des emplois au sein de l’entreprise ou en amont

La fédération accompagne « à la carte » les caves pour la réalisation des projets :
- conseils pour la démarche
- accompagnement dans la réflexion et animation des conseils d’administration
- analyses commerciale et financière
- rédaction des documents

En 2007 la FCCH a accompagné 11 caves coopératives et Union

 


ENVIRONNEMENT

Lutte contre la pollution d’origine industrielle

Accompagnement des investissements dépollution  : aide administrative sur le montage des dossiers, sur les mesures compensatoires,…
Gestion des dysfonctionnements : visite des équipements, conseil spécifique ou orientation vers spécialiste.
Lancement et suivi des dossiers d’autorisation ICPE.
 Développement du suivi des effluents  : mise à disposition de cahiers de suivi, interprétation des résultats et recherche de solutions.
Aide pour la déclaration annuelle Agence de l’Eau avec analyse et simulation de redevance.
Suivi des données météorologiques sur le département : information à disposition des caves ).
Mise en place d’une base de données à partir des informations de la déclaration annuelle (consommation, production, rejets, déficit hydrique,...) qui permettent de déceler certains problèmes (ex : surconsommation, bassin sous dimensionné).

Les Investissements dépollution suivis sont : bassin d’évaporation, épandage, évaporation forcée, aire de lavage, aire remplissage pulvérisateur, reprise de canalisations, de postes de relevage, de décanteur, de réseaux d’eaux usées, de séparation pluvial ,…

Gestion quantitative et qualitative de la ressource en eau
D
iagnostic spécifique sur le Bassin Versant de l’Hérault en terme d’équipements des caves en vue de l’adéquation avec la mise en place du SAGE.
Préservation de la ressource en eau  : Incitation à la séparation des réseaux, aux économies d’eau …
Information sur la procédure d’autorisation des forages
Analyse de la BD, calcul des ratios, mise en évidence des surconsommations …
Accompagnement au l ancement des audits de consommation en eau .

Etudes spécifiques
- Suivi de l’action traitement des odeurs INRA sur bassins et mise en place cette année d’un bassin témoin.
- Suivi de l’action tours Ecole des Mines-FCC30.
- Lancement d’une étude régionale sur les économies d’énergie en cave coopérative.
- lancement d’une étude spécifique en 2008 avec l’école SUP AGRO sur le devenir des terres de filtration .

Veille réglementaire
Lecture des textes, mise en évidence des points de changements, interprétation, discussions avec les administrations.

Dossier Légionelles
En 2007 action spécifique Analyse des risques TAR : réalisation d’une grille d’analyse commune permettant aux caves de répondre à leur obligation d’analyse méthodique des risques, mise en en œuvre de l’action, suivi et conseil spécifique, transmission des informations aux caves.

Pour les installations soumises à autorisation : accompagnement spécifique avec réalisation de l’AMR, mise en place d’un plan d’action et de procédures spécifiques.


Qualité
Dossier Irrigation .
Echanges avec BRL et caves, recherches sur les techniques, les partenaires, participation réunions. A venir, recensement des besoins spécifiques cave, accompagnement dans le choix des solutions.


Sécurité
Cette année, l’activité Sécurité a été moindre :
Visites d’installation avec conseiller prévention pour accompagner la cave dans la mise en conformité.
Accompagnement à la mise à jour du document unique. A l’heure actuelle, montage d’achats groupés de panneaux de signalisation TAR.

Investissements 2007 : un bilan positif
Avec 19M € d’investissements matériels ayant fait l’objet d’une demande d’aide en 2007, les caves coopératives du département de l’Hérault affichent à nouveau une confiance dans la conjoncture économique.

En effet, l’année précédente était marquée par la récession avec seulement 4.1M € d’investissements matériels et les prévisions 2007 ne dépassaient pas 10M € .

Les raisons de cette reprise tiennent essentiellement à 2 orientations : les fusions et les restructurations avec fermeture de site. Ces deux raisons justifient 50% des investissements 2007.

Il convient de rajouter que les investissements liés à une extension des capacités de conditionnement (bouteille + BIB) concernent 20% des investissements 2007, ce qui est encourageant notamment parce qu’ils sont le fait d’outils coopératifs à l’exportation.

Le niveau d’accompagnement financier de ces projets matériels varie de 0 à 25% selon la nature du projet et les financeurs sont essentiellement le département et la Région. Viniflhor intervient sur les investissements liés aux fusions (revêtement cuverie, déménagement de matériel, transport vendanges et réception).

La diminution du nombre de coopératives ne s’accompagne donc pas d’un fléchissement de l’investissement, parce que les coopératives restantes sont en train de construire des projets pour la prochaine décennie, c’est-à-dire des projets financièrement plus lourds que de simples projets d’entretien courant, qui d’ailleurs ne sont pas éligibles.

L’investissement est un trait d’union entre l’amont et l’aval, entre le vignoble et la commercialisation, il est le fruit d’une réflexion, d’une décision, et d’un effort financier. Sauf erreur de gestion, il constitue un gage de pérennité, en tous cas, un effort de l’entreprise pour évoluer.

En ce sens, l’année 2007 est encourageante et l’année 2008 semble se profiler sous les mêmes augures.

 


INTERSUD
: une interprofession unique
Il faut revenir à des axes simples et fondamentaux pour construire une volonté régionale
1. Définition d’objectifs clairs, réalistes et mesurables

2. Concentration sur des missions bien identifiées optimisant les compétences, tournées vers les marchés et le consommateur et au service des entreprises .

3. Optimisation des moyens disponibles (1).

UN OBJECTIF
Créer de la valeur sur l’ensemble des produits, pour les acteurs directement concernés et gagner des parts de marché ici et ailleurs dans le monde.

Aussi, l’ensemble de la segmentation des vins et des produits de la vigne élaborés en Languedoc-Roussillon doit être intégré dans la concertation organisée. En effet, tous les acteurs de la filière sont « mixtes » dans leurs portefeuilles produits (y compris les produits issus de la distillation).

Des missions interprofessionnelles…claires et mesurables
Elles sont transversales et se substituent à celles que les entreprises ne peuvent réaliser seules par manque de moyens humains, techniques et financiers.

1. Connaissance des marchés, mieux les identifier, les mesurer, les qualifier en termes de demande consommateur, par pays, par réseaux de distribution, par type de produits, par acteurs et concurrents, et dans une approche de gamme de produits.
> Moyens : panels conso, distributeurs, enquêtes ad hoc, études marketing, veille marketing et recherche consommateurs, et compétences associées (études marketing).

2. Connaissance de la production et des produits élaborés (y compris les sous produits) afin de mieux adapter l’offre qualitative aux différents segments de marchés et d’anticiper sur les quantités produites.
> Actions liées : information, formation, diffusion de la connaissance, RD.

3. La Régulation des marchés par la gestion d’une offre de produits non substituables dans le monde entier . La gestion quantitative de l’offre peut être une mission dévolue à l’Interprofession concernant les produits à « IG exclusive  » afin de maitriser un développement de la production qui n’aurait pas de parts de marché immédiate.

4. Assurer le suivi aval qualité des produits pour respecter la promesse faite aux consommateurs en particulier pour les produits identifiés Sud de France. Ce suivi aval qualité concerne les principaux réseaux de la distribution (GMS,GD,cavistes grossistes …).

5. Participer activement à la promotion de la Marque collective « Sud de France » qui doit être fédératrice en s’appuyant sur le concept :

« Produire Sud de France et Vendre Sud de France au Monde Entier » (communication collective, linéaire commun, etc.…).

Estimation de la CVO collectée en Languedoc Roussillon
ANIVIT Languedoc-Roussillon : 2M € pour 2,8Mhl de VDP Département et de Zones (à raison de 0,47 € /hl) et 2,9Mhl en VDT (seuls les metteurs en marchés payent à raison de 0,27 € /hl).

INTEROC  : 2,5M € pour 5Mhl (la part du producteur est prélevée directement par le syndicat à raison de 0,25 € /hl, celle du négoce à la transaction commerciale).

CIVL  : 3,75M € pour 1,25Mhl de vins tranquilles ( à raison de 3 € /hl) et 0,84M € pour 64 000hl d’effervescents.

CIVR  : 1,26M € pour 300 000hl de Côtes du Roussillon (à raison en moyenne de 6 € /hl) et 1,8M € pour 300 000 hl de VDN.

Estimation sur les bases de sortie de chais 2006/2007 - Source DGDDI et avec taux des CVO (cotisation volontaire obligatoire) en cours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vignerons Coopérateurs de l'Hérault
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