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Edition Janvier 2005 Edito Si la situation n’était pas si pourrie, on pourrait résumer la rencontre avec le ministre par le titre de cette chanson populaire. Après avoir participé, collaboré et proposé, il nous a été répondu : • Aides directes aux entreprises qui sont le plus en difficulté. • Soutien à l’équilibre du marché : 2,5 Mhl proposés à la distillation mais en demandant un complément à Bruxelles ! A l’heure où la France a besoin de toute sa crédibilité pour entamer les négociations de la future OCM, le ministre prend le risque de se fragiliser en engageant une négociation sur la distillation valorisée sans obligation de résultat. Il faut imposer aux responsables des sur-stocks (expression bordelaise), d’assumer leurs responsabilités ? Le Languedoc-Roussillon ne sera plus la variable d’ajustement des autres vignobles excédentaires. • Soutien à l’aval de la filière : 3,5 Me. Quel bilan a été tiré de l’aide de 5 Me qui avait été attribuée, quels seront les critères d’éligibilité ? Est-il pertinent de passer par l’intermédiaire de la SOPEXA qui est en pleine réorganisation ? Les entreprises coopératives moyennes et les vignerons indépendants ont-il accès à ce soutien ? Y a t’il obligation de partenariat amont-aval ? Autant de questions sans réponses, sans parler du montant, qui font douter de l’annonce. • Comité de bassin. Montrant l’exemple, nous l’avons créée le 28 janvier. Nous devons être responsables de notre filière viticole en sachant gérer son potentiel de production. Or le Ministre ne se donne pas les moyens d’institutionnaliser cette initiative et préfère laisser les interprofessions revendiquer la gestion du bassin : ce serait un non sens technique, économique et politique. Le silence sur la nécessité urgente de modifier la réglementation viticole, tant au niveau des quantités produites que des pratiques œnologiques, démontre le manque d’ambition du ministre et du gouvernement pour la viticulture. Après ces échecs successifs des propositions professionnelles, il ne restera plus qu’aux intéressés, les vignerons, à exprimer leurs sentiments par les moyens qu’ils jugent appropriés et opportuns. Nous sommes dans la logique de 1907. Avons-nous la mémoire suffisamment acérée pour réagir en évitant le pire. Jean Huillet
Chaque région se mit sur le chantier. En Languedoc, alors que, dans un premier temps, tout semblait aller vite, la démarche subit quelques ratés. Devant l’urgence de la situation, les présidents des interprofessions du Languedoc (CIVL) et du Roussillon (CIVR) prirent une initiative. Le 17 décembre 2004, le conseil d’administration du CIVL et le conseil de direction du CIVR se réunissaient chacun de leur côté pour étudier la création d’une fédération des interprofessions des vins du Languedoc et du Roussillon (FIVLR). Il s’agissait “de réfléchir et d’agir dans l’intérêt de la filière régionale”. Cette fédération a vocation à accueillir les interprofessions futures des vins de Pays d’Oc et de l’ANIVIT régionalisée. Le 28 janvier, au même moment et en un même lieu, tous les responsables de la filière vin se réunissaient à Saporta pour signer les protocoles instituant l’instance régionale de concertation (IRCVLR)(1) ou comité de bassin, InterOc, l’interprofession VDP OC, le comité VDP Languedoc Roussillon (ANIVIT CLRVP). Le 24 mars, les statuts des deux premières seront déposés. Quant au CLRVP, il attend la désignation des membres de la famille du négoce qui se regroupent en un seul syndicat méridional en février. L’IRCVLR La FIVLR Cette rencontre du 28 janvier, jugée historique, se situe dans une période de tension forte à très forte. C’est pourquoi les organisations de la production (métiers et produits) ont décidé un front commun pour que l’essai soit transformé (réunions informelles régulières). (1) Fédération régionale des vignerons indépendants, Conseil de la coopération viticole du Languedoc-Roussillon, Fédération Sud des AOC, Confédération nationale des VDN, Syndicat des producteurs de vins de Pays d’Oc, Confédération régionale des vins de pays, syndicats de négociants.
Loi Evin Le 19 janvier 2004, dans le cadre de l’examen en 2ème lecture du projet de loi Développement des territoires ruraux, le Sénat a adopté, sur amendement (n° 408) présenté par le gouvernement, des dispositions modifiant l’article L.3323-4 du code de la santé publique. Le texte indique que : “cette publicité peut comporter des références relatives aux terroirs de production, aux distinctions obtenues, aux appellations d’origine (telles que définies à l’article L.115-1 du code de la consommation) ou aux indications géographiques telles que définies dans les conventions et traités internationaux régulièrement ratifiés. Elle peut également comporter des références objectives relatives à la couleur et aux caractéristiques olfactives et gustatives du produit”. De plus, le Conseil de la Modération, dont la création en janvier 2005 a été confirmée par le ministre de l’Agriculture, réunirait, sous l’autorité du gouvernement, les ministères concernés, les acteurs de la santé publique, et la filière viti-vinicole.
La coopé a une bonne image • Notoriété : 78 % des consommateurs déclarent savoir ce qu’est une cave coopérative. Les 50-64 ans sont les plus nombreux (92%). • Qu’est-ce qu’une cave coopérative ? Pour 74 % c’est l’idée de regroupement et de mise en commun, pour seulement 2 % c’est l’idée de mélange de vin. • Image des caves coopératives : 81 % des consommateurs déclarent avoir une image positive des caves coopératives. • Les points forts des caves • Les points faibles des caves
Un programme de recherche a été lancé en 2001 par une équipe de l’INRA, en partenariat avec les organisations du secteur coopératif et des institutions régionales (programme DADP/PSDR). Les études ont été réalisées sur différents thèmes : certaines ont analysé globalement les évolutions des coopératives (recensement en 2001, comparaisons avec l’Afrique du Sud ou l’Argentine…) ; d’autres ont approfondi la connaissance de changements plus précis (règles de rémunération, viticulture raisonnée, installation des adhérents, ventes directes, projets oeno-touristiques…). Le programme de recherche se termine en 2005. L’heure est maintenant au bilan de ces études, à la restitution et à la discussion de leurs résultats avec les acteurs du secteur coopératif. Pour cette journée, certains thèmes ont été privilégiés : Pour rester dans l’esprit du partenariat, une large place est ouverte à l’expression des préoccupations de chacun et au débat.
Après la présentation du rapport moral par Michel Simar, responsable de la commission, les JVC ont présenté les 2 principaux chantiers sur lesquels ils ont travaillé en 2004 : le rapport des jeunes à la coopération et l’académie des jeunes amateurs de vins dont nous vous avons déjà parlé dans les précédents Courrier du Vigneron. Elargissement de l’Europe Tout d’abord, cet élargissement est plus agricole que viticole : le vin ne représente que 9% de la production totale des 27 pays (les 25 actuels et les 2 candidats à venir : Roumanie et Hongrie qui sont les principaux pays producteurs de vins) De plus ils représentent des opportunités d’exportation (4 pays sont consommateurs non producteurs : Pays Baltes et Pologne) et d’investissement non négligeables ! Les participants ont fait part de leurs inquiétudes quant à la mise en place d’une réglementation européenne et d’un système de contrôle qui soient équitables entre tous les Etats membres. Certes, l’adoption des acquis communautaires pour ces nouveaux pays sera liée à un certain nombre de conditions préalables dont un système de contrôle conséquent et stable qui ne pourra se faire qu’après une identification claire des exploitations et de leurs flux économiques et physiques. Rappelons cependant que l’Espagne qui semble être notre plus grand concurrent, applique les règles européennes, avec des rendements inférieurs aux nôtres mais ce sont nos règles franco-françaises qui sont plus restrictives que tout ! Evolution de l’OCM Les conclusions d’un rapport d’évaluation des aides européennes de l’OCM de 1999 sont inquiétantes : la majorité des mesures, droits de plantation, distillation, VQPRD…sont considérées comme limitant la compétitivité et ayant peu d’impact sur les excédents….seules les aides aux stockage, et à l’enrichissement sont évaluées comme bonnes (elles coûtent peu cher !) ainsi que les accords bilatéraux ! Face à de tels constats, on peut être inquiet. Si l’OCM de 1999 n’était pas satisfaisante, celle de demain pourrait être pire ! D’ores et déjà, Jean louis Piton, propose pour assurer les prix de vente, le maintien et la remise en application d’outils qui permettent de maîtriser nos productions. Et en particulier la distillation obligatoire, qui, en son temps, a été un outil de régulation efficace. Prochaine réunion, jeudi 24 février, 18 heures à la cave de Murviel les Béziers. |
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