Edition Janvier 2005

Edito
Paroles, Paroles, Paroles …

Si la situation n’était pas si pourrie, on pourrait résumer la rencontre avec le ministre par le titre de cette chanson populaire. Après avoir participé, collaboré et proposé, il nous a été répondu :

• Aides directes aux entreprises qui sont le plus en difficulté.
- Il s’agit de 8,5 Me pour une allocation maximale de 3 000e par exploitation, ce qui permettra d’aider 2 840 agriculteurs en France : on se moque de qui ?
- Les lignes budgétaires AGRIDIF et FAC seraient abondées. Doit-on payer les autres fournisseurs avant la MSA et Groupama ?
- Un emprunt de consolidation de 40Me serait ouvert en attendant que la situation se redresse. Dans le cas contraire faudra-t-il recommencer ?
- Des prêts de consolidation de 15 Me pour les coopératives, sur quels critères ?

• Soutien à l’équilibre du marché : 2,5 Mhl proposés à la distillation mais en demandant un complément à Bruxelles ! A l’heure où la France a besoin de toute sa crédibilité pour entamer les négociations de la future OCM, le ministre prend le risque de se fragiliser en engageant une négociation sur la distillation valorisée sans obligation de résultat. Il faut imposer aux responsables des sur-stocks (expression bordelaise), d’assumer leurs responsabilités ? Le Languedoc-Roussillon ne sera plus la variable d’ajustement des autres vignobles excédentaires.

• Soutien à l’aval de la filière : 3,5 Me. Quel bilan a été tiré de l’aide de 5 Me qui avait été attribuée, quels seront les critères d’éligibilité ? Est-il pertinent de passer par l’intermédiaire de la SOPEXA qui est en pleine réorganisation ? Les entreprises coopératives moyennes et les vignerons indépendants ont-il accès à ce soutien ? Y a t’il obligation de partenariat amont-aval ? Autant de questions sans réponses, sans parler du montant, qui font douter de l’annonce.

• Comité de bassin. Montrant l’exemple, nous l’avons créée le 28 janvier. Nous devons être responsables de notre filière viticole en sachant gérer son potentiel de production. Or le Ministre ne se donne pas les moyens d’institutionnaliser cette initiative et préfère laisser les interprofessions revendiquer la gestion du bassin : ce serait un non sens technique, économique et politique.

Le silence sur la nécessité urgente de modifier la réglementation viticole, tant au niveau des quantités produites que des pratiques œnologiques, démontre le manque d’ambition du ministre et du gouvernement pour la viticulture.

Après ces échecs successifs des propositions professionnelles, il ne restera plus qu’aux intéressés, les vignerons, à exprimer leurs sentiments par les moyens qu’ils jugent appropriés et opportuns.

Nous sommes dans la logique de 1907. Avons-nous la mémoire suffisamment acérée pour réagir en évitant le pire.

Jean Huillet




La logique de bassin
Durant l’été 2004, le ministère de l’Agriculture avait réuni les acteurs de la filière vin pour les inciter, face à la crise à créer des comités de gestion des bassins de production.

Chaque région se mit sur le chantier. En Languedoc, alors que, dans un premier temps, tout semblait aller vite, la démarche subit quelques ratés. Devant l’urgence de la situation, les présidents des interprofessions du Languedoc (CIVL) et du Roussillon (CIVR) prirent une initiative. Le 17 décembre 2004, le conseil d’administration du CIVL et le conseil de direction du CIVR se réunissaient chacun de leur côté pour étudier la création d’une fédération des interprofessions des vins du Languedoc et du Roussillon (FIVLR). Il s’agissait “de réfléchir et d’agir dans l’intérêt de la filière régionale”. Cette fédération a vocation à accueillir les interprofessions futures des vins de Pays d’Oc et de l’ANIVIT régionalisée.

Le 28 janvier, au même moment et en un même lieu, tous les responsables de la filière vin se réunissaient à Saporta pour signer les protocoles instituant l’instance régionale de concertation (IRCVLR)(1) ou comité de bassin, InterOc, l’interprofession VDP OC, le comité VDP Languedoc Roussillon (ANIVIT CLRVP).

Le 24 mars, les statuts des deux premières seront déposés. Quant au CLRVP, il attend la désignation des membres de la famille du négoce qui se regroupent en un seul syndicat méridional en février.

L’IRCVLR
L’Instance régionale de concertation des vins du Languedoc-Roussillon a pour but de gérer politiquement et économiquement le bassin. Elle est composée des organisations interprofessionnelles et des organisations professionnelles (1). Des personnalités à voix consultatives peuvent assister à ses débats (DRAF, ONIVINS, CEVILAR, INAO, chambre régionale d’Agriculture…). Elle fait le point sur la situation technique, économique et politique grâce aux données fournies par la FIVLR. Elle décide des grandes orientations de développement et veille à leur respect. Elle gère les conflits économiques et politiques dans la filière.

La FIVLR
Composée des organisations interprofessionnelles AOC et VDP, elle agira sur trois fronts bien précis. Elle met en place un véritable observatoire économique pour entretenir la veille des marchés. Elle organise la communication collective en tenant compte des propositions de l’IRCVLR et les met en œuvre. Elle organise le suivi aval qualité pour l’ensemble des vins du bassin de production. Elle propose les quantités commercialisables sur les bases de ses observations des marchés.

Cette rencontre du 28 janvier, jugée historique, se situe dans une période de tension forte à très forte. C’est pourquoi les organisations de la production (métiers et produits) ont décidé un front commun pour que l’essai soit transformé (réunions informelles régulières).

(1) Fédération régionale des vignerons indépendants, Conseil de la coopération viticole du Languedoc-Roussillon, Fédération Sud des AOC, Confédération nationale des VDN, Syndicat des producteurs de vins de Pays d’Oc, Confédération régionale des vins de pays, syndicats de négociants.

 


Loi Evin

Le 19 janvier 2004, dans le cadre de l’examen en 2ème lecture du projet de loi Développement des territoires ruraux, le Sénat a adopté, sur amendement (n° 408) présenté par le gouvernement, des dispositions modifiant l’article L.3323-4 du code de la santé publique.

Le texte indique que : “cette publicité peut comporter des références relatives aux terroirs de production, aux distinctions obtenues, aux appellations d’origine (telles que définies à l’article L.115-1 du code de la consommation) ou aux indications géographiques telles que définies dans les conventions et traités internationaux régulièrement ratifiés. Elle peut également comporter des références objectives relatives à la couleur et aux caractéristiques olfactives et gustatives du produit”.

De plus, le Conseil de la Modération, dont la création en janvier 2005 a été confirmée par le ministre de l’Agriculture, réunirait, sous l’autorité du gouvernement, les ministères concernés, les acteurs de la santé publique, et la filière viti-vinicole.

 


La coopé a une bonne image

• Notoriété : 78 % des consommateurs déclarent savoir ce qu’est une cave coopérative.
Les 50-64 ans sont les plus nombreux (92%).

• Qu’est-ce qu’une cave coopérative ? Pour 74 % c’est l’idée de regroupement et de mise en commun, pour seulement 2 % c’est l’idée de mélange de vin.

• Image des caves coopératives : 81 % des consommateurs déclarent avoir une image positive des caves coopératives.
C’est au sein de la population des 25-34 ans que l’on trouve les meilleurs supporters des caves coopératives (88 %).

• Les points forts des caves
- une participation à la vie des villages et des campagnes
- une production de vins de qualité avec un bon rapport qualité prix
- le respect de l'environnement

• Les points faibles des caves
- ne sont pas bien représentées dans les palmarès des différents concours (une perception fausse qui montre que collectivement on ne communique pas assez sur les récompenses obtenues par la coopération).
- une image de la vinification pas comprise.



Investissements
La crise du marché viticole a sensiblement ralenti les intentions d’investissement des caves coopératives. Même si le montant des projets recensés au cours des deux premiers mois 2005 est identique à celui des deux premiers mois 2004 soit 6 Me, la prudence est de mise : le total des projets 2005 ne devrait pas dépasser 10 Me alors qu’il a atteint 18 Me en 2004. Les chais d’élevage isolés et climatisés, ainsi que la thermovinification par flash détente représentent ensemble 40 % des projets déposés au cours des deux premiers mois 2005.



Produire, vendre et vivre ensemble en coopérative

Une journée pour s’informer et débattre sur l’évolution des caves coopératives à Florensac le 4 mars.
(Projet financé par l’INRA et le Conseil régional dans le cadre du programme de recherche DADP-PSDR)

Un programme de recherche a été lancé en 2001 par une équipe de l’INRA, en partenariat avec les organisations du secteur coopératif et des institutions régionales (programme DADP/PSDR). Les études ont été réalisées sur différents thèmes : certaines ont analysé globalement les évolutions des coopératives (recensement en 2001, comparaisons avec l’Afrique du Sud ou l’Argentine…) ; d’autres ont approfondi la connaissance de changements plus précis (règles de rémunération, viticulture raisonnée, installation des adhérents, ventes directes, projets oeno-touristiques…).

Le programme de recherche se termine en 2005. L’heure est maintenant au bilan de ces études, à la restitution et à la discussion de leurs résultats avec les acteurs du secteur coopératif.

Pour cette journée, certains thèmes ont été privilégiés :
• la diversité des stratégies des coopératives
• les points de vue de leurs dirigeants, la rémunération différenciée
• l’implication des adhérents dans les projets
• les formes de regroupements ou d’alliance.

Pour rester dans l’esprit du partenariat, une large place est ouverte à l’expression des préoccupations de chacun et au débat.
La journée a lieu à Florensac, Salle de Spectacle, rue de Pouilhes - S’inscrire avant le 25 février au 04 67 06 23 10 (FRCA)

Programme
9h Accueil des participants
9h30 Ouverture
10h Etudier et accompagner les changements dans les coopératives
11h15 Ateliers : les projets des coopératives, 3 axes de changement : 1. Qualité des apports et rémunération des adhérents
2. Mobilisation des adhérents et formation des compétences et 3. Concurrence et coopération entre coopératives
13h Buffet
14h30 Compte-rendu des ateliers
15h45 Table ronde : gérer les changements pour un projet durable d’entreprise avec M. Cornelissens (Directeur coopérative la Chablisienne), M. Rolland (Pdt coopérative de Crouseilles / Madiran), L. Mallet (VICA), H. Cabanel (Conseil général Hérault), D. Alary (Conseil régional LR)
17h30 Bilan : quelles perspectives de recherche en partenariat ?

 



Rassemblement des JVC

Vendredi 4 février à Fontès, malgré le peu de jeunes et de caves présents, les débats ont été très intéressants, et ont permis d’ébaucher des pistes de réflexions et de propositions pour la commission JVC en 2005.

Après la présentation du rapport moral par Michel Simar, responsable de la commission, les JVC ont présenté les 2 principaux chantiers sur lesquels ils ont travaillé en 2004 : le rapport des jeunes à la coopération et l’académie des jeunes amateurs de vins dont nous vous avons déjà parlé dans les précédents Courrier du Vigneron.

Elargissement de l’Europe
Les jeunes “vignerons européens” ont apprécié avec M. Labruyère de l’ONIVINS, le poids de la production viticole des 12 nouveaux pays de la communauté européenne (entrés en 2004 et candidats pour les années à venir).

Tout d’abord, cet élargissement est plus agricole que viticole : le vin ne représente que 9% de la production totale des 27 pays (les 25 actuels et les 2 candidats à venir : Roumanie et Hongrie qui sont les principaux pays producteurs de vins)

De plus ils représentent des opportunités d’exportation (4 pays sont consommateurs non producteurs : Pays Baltes et Pologne) et d’investissement non négligeables !

Les participants ont fait part de leurs inquiétudes quant à la mise en place d’une réglementation européenne et d’un système de contrôle qui soient équitables entre tous les Etats membres.

Certes, l’adoption des acquis communautaires pour ces nouveaux pays sera liée à un certain nombre de conditions préalables dont un système de contrôle conséquent et stable qui ne pourra se faire qu’après une identification claire des exploitations et de leurs flux économiques et physiques.

Rappelons cependant que l’Espagne qui semble être notre plus grand concurrent, applique les règles européennes, avec des rendements inférieurs aux nôtres mais ce sont nos règles franco-françaises qui sont plus restrictives que tout !

Evolution de l’OCM
Avec Jean Louis Piton président du groupe vin aux commissions européennes du COPA et de la COGECA, nous avons évoqué les perspectives d’évolution de l’OCM viti-vinicole.

Les conclusions d’un rapport d’évaluation des aides européennes de l’OCM de 1999 sont inquiétantes : la majorité des mesures, droits de plantation, distillation, VQPRD…sont considérées comme limitant la compétitivité et ayant peu d’impact sur les excédents….seules les aides aux stockage, et à l’enrichissement sont évaluées comme bonnes (elles coûtent peu cher !) ainsi que les accords bilatéraux !

Face à de tels constats, on peut être inquiet. Si l’OCM de 1999 n’était pas satisfaisante, celle de demain pourrait être pire ! D’ores et déjà, Jean louis Piton, propose pour assurer les prix de vente, le maintien et la remise en application d’outils qui permettent de maîtriser nos productions. Et en particulier la distillation obligatoire, qui, en son temps, a été un outil de régulation efficace.

Prochaine réunion, jeudi 24 février, 18 heures à la cave de Murviel les Béziers.
Pour toute information : Michel Simar – Président 06 07 84 28 70 - Isabelle Ribes - Animatrice : 04 67 07 03 30 – 06 72 76 92 95 Cristelle Calamelle – Secrétaire : 04 67 07 03 23

Vignerons Coopérateurs de l'Hérault
Rond point de la vierge Maurin BP 20006 34871 Lattes Cedex
Tél: 04.67.07.03.20