Edition novembre 2005

Edito
Quand bien même, l’avenir se construit !
“…La morosité est présente partout. Un début de désespérance commence à saper le moral des plus résistants.
Les marchés sont au plus bas, loin, très loin des prix de revient.
La performance des entreprises cette année encore ne sera pas suffisante.
Tous s’interrogent. Que faut-il faire ?
Déjà, certains envisagent des économies culturales… Au détriment de quoi ?
A travers ces quelques lignes, solennellement, j’en appelle à nos partenaires, nos clients, à tous ceux qui sont séduits par nos vins, par notre entreprise…
Dans le commerce deux types au moins de comportement, deux attitudes font loi. Il y a celle des casseurs de vignerons, mais il y a aussi celle de la majeure partie de nos acheteurs qui ne sont pas nos concurrents mais un autre maillon de la même chaîne de valeurs. Beaucoup nous l’ont prouvé lors de précédentes campagnes.
Nous, vignerons, avons besoin d’un signal fort. La campagne 2005 ne doit pas démarrer à un niveau de prix inférieurs à celui du début de campagne 2004.
La requête pour un non spécialiste de la filière et qui se réfèrerait seulement au cours du marché actuel, peut paraître déplacée, inconsidérée, voire naïve ou irréaliste… N’allons pourtant pas au-delà des frontières du danger… Elles sont déjà franchies.
Quant à toi vigneron, même si ces problèmes de marché te paraissent lointains… tu peux être fier de ton travail, ta cave aujourd’hui est pleine de vins magnifiques et ces vins magnifiques sont la meilleure des réponses aux éléments contraires.
Tu peux ici à Florensac, dans le cadre de ta cave coopérative, aux portes des marchés, et pas à des centaines, pas à des milliers de kilomètres (comment vont dans l’avenir évoluer les coûts de transport, le prix du pétrole ?), tu peux produire le vin parfaitement adapté au consommateur moderne.
N’oublies jamais vigneron, l’avenir seul, ton avenir existe au bout de ton savoir-faire, de tes capacités à te remettre en question, de ta passion…

Extraits de l’éditorial de Thierry Coste
dans le journal interne des Vignerons de Florensac

 


Rôle des coopératives dans les transactions
commerciales

Source : étude INRA-ONIVINS : Contrats d’achat vins de table et de pays

L’analyse des contrats porte sur les années 1987-2002. Il ressort que sur cette période, le nombre de transactions de vins de table ou de pays a diminué de plus de la moitié. Les volumes de vins échangés ont pour leur part diminué d’1/3 en 15 ans. Sur la période le marché enregistre une fluctuation forte des prix.

Les vendeurs (Caves particulières, caves coopératives et autres metteurs en marché issus de la production)
D’après cette étude, la diminution des volumes vendus en vrac est différente selon les vendeurs :
• Les producteurs individuels ont réduit de moitié leur part des ventes dans les échanges vracs mais avec un nombre encore important de transactions (portant sur des petits volumes).
• Les formes sociétaires gérantes d’exploitations agricoles se sont par contre fortement développées ainsi que les sociétés commerciales.
• Les coopératives ont résisté et ont consolidé leur part.
• Les unions de coopératives ne représentent plus que 6% des contrats.
Au niveau des prix moyens à l’hl, on constate des écarts significatifs entre caves coopératives et caves particulières depuis 1992 (en moyenne +17% pour les coopératives sur les 5 dernières années) ainsi qu’un cours un peu supérieur pour les metteurs en marché groupés par rapport aux coopératives (+3,5% sur 5 ans).

Les acheteurs
Les sociétés commerciales du négoce assurent l’essentiel des achats (80%). Il s’agirait d’opérateurs essentiellement basés en Languedoc.
Les metteurs en marché de la production assurent 20% des achats. Les unions de coopératives maintiennenet leur volume d’achat entre 0,5 et 1 million d’hl, les SICA ont perdu les 2/3 de leurs volumes. Les coopératives ont sensiblement augmenté leurs achats depuis 1995 mais restent à un niveau faible (2%)
Les prix d’achat à l’hectolitre ne sont pas significativement différents selon le type d’acheteur.

 


Vendanges 2005 : Un millésime de plus sous le signe de la sécheresse

Ce millésime est marqué par un déficit pluviométrique : précipitations hivernales déficitaires de près de 30 %, été sec avec une forte activité du Mistral et de la Tramontane induisant une forte évapo-transpiration au vignoble, et des températures supérieures à la normale. Seules quelques zones de piémont ayant bénéficié d’épisodes orageux en juin, ont connu des conditions hydriques favorables.
Le vignoble a présenté des symptômes de stress hydrique dès la véraison, et développé des baies de très petite taille, participant à la qualité du millésime et à la faiblesse quantitative de la récolte.
La répétition des années de sécheresse doit nous inciter à relancer le débat sur l’irrigation des vignobles.
État sanitaire satisfaisant, mais vers de la grappe 2005 a connu une pression modérée d’oïdium et de botrytis. Mais, une fois de plus, la pression générée par les vers de la grappe, en 2e et surtout 3e génération, s’est révélée extrêmement élevée, induisant des pertes quantitatives importantes, et une dépréciation qualitative plus ou moins marquée. Avec l’entrée en vigueur de la réglementation fixant une teneur maximum en Ochratoxine A, la maîtrise des vers de la grappe et la gestion des apports qui en découlent est un des chantiers majeurs.

Incidence mineure des pluies orageuses
Grâce à une situation initiale très saine, les orages de début septembre n’ont pas entraîné une dégradation majeure de l’état sanitaire.
Lorsque les orages sont survenus bien avant la pleine maturité (secteurs et cépages tardifs), les pluies ont été globalement bénéfiques pour favoriser la relance de la maturation.
Sur les cépages proches de la maturité, la fragilisation des baies de raisin par la pluie a provoqué l’apparition de quelques foyers de Botrytis Cinerea, mais sans dépréciation qualitative majeure, grâce à une récolte rapide.

Des raisins concentrés aux tanins mûrs
Les récoltes ont démarré avec une avance allant de quelques jours jusqu’à 2 semaines par rapport à 2004, notamment pour les cépages précoces. Globalement, les raisins présentaient une concentration tannique exceptionnelle et un niveau d’acidité totale assez élevé. Par chance, la maturité phénolique était atteinte plus rapidement que lors des derniers millésimes ; les degrés potentiels ayant rapidement progressé sous l’effet conjugué de la concentration sur souches, et de la maturation proprement dite, il a donc fallu adapter les rythmes de récolte selon les profils de produits, et dans certains cas, accélérer pour ne pas avoir des degrés excessifs.

Des vins riches et fruités
Sur les blancs et rosés, l’arête acide apporte une fraîcheur gustative qui vient parfaitement équilibrer le gras en bouche et la maturité aromatique.
Les vins rouges ont tous des couleurs vives et soutenues associées à une dominante aromatique intense de fruits rouges. Le millésime 2005 a produit des vins de garde exceptionnels aux tanins denses, des vins amples et friands sans agressivité, des vins souples aux tanins présents mais soyeux.

Vinifications à adapter
On peut citer comme points essentiels : l’adaptation des calendriers d’apport avec la recherche des maturités phénoliques, quelque soit la teneur en sucres ; la maîtrise des températures de vinification à un niveau bas (moins de 25°C en rouge) ; le suivi quotidien et régulier des besoins en oxygène pour la gestion des fermentations et pour la bonne expression du potentiel aromatique et polyphénolique des vins élaborés.

Le travail en cave n’est pas terminé !
Les tentations sont parfois grandes de rechercher quelques économies en limitant les interventions en cave. Mais notre devoir reste d’élaborer des vins conformes aux objectifs de marchés ; pour cela, tout doit être fait pour ne pas gâcher une partie du potentiel qualitatif de ce millésime.

F. Boudou ICV Maurin

 


JVC : les projets pour 2005/2006

Formations : Comprendre et agir sur les marchés
La formation démarrera le 4 novembre, 12 jeunes sont inscrits. Thèmes de réflexion:

Jachère de vignes
Nous poursuivons notre réflexion sur la mise en “jachère de vigne” par la vendange en vert. L’Espagne étudie également ce sujet. Jean Luc Bousquet et Michel Simar en discuteront au niveau de la commission nationale des JVC avec Patrick Aigrain en décembre.

Segmentation
• Quelles règles du jeu pour une segmentation efficace des produits ?
Par une gestion “responsable” de la production par bassin de production, un mode d’organisation demandé par les professionnels pour la nouvelle OCM, la segmentation des produits devrait se faire d’elle même ! En attendant, comment assouplir les règles de production sans risquer les glissements qui perturbent tous les segments de produit ?
• Quelles sont les règles de conduite du vignoble (techniques et économiques) pour la production de hors vin : éthanol, MCR, alcools, produits dérivés… ?

 


Mentions sur les étiquettes

Mention spécifique femmes enceintes
Rédigé par le ministère de la Santé, un arrêté est en cours de validation. Le ministère souhaitait le finaliser pour fin septembre et le transmettre pour notification à Bruxelles début octobre. Cette notification devrait durer trois mois. La publication qui lancerait le délai d’application devrait donc se faire début 2006.
Contenu de l’arrêté :
- la filière aurait le choix entre un message écrit et un pictogramme*
- le message doit figurer dans le même champ visuel que le titre alcoométrique volumique.
- les produits non conformes pourront être commercialisés jusqu’à écoulement des stocks, à condition d’avoir été mis en marché ou étiquetés dans un délai d’un an suivant la publication du décret (Vin et Société a demandé que ce délai soit allongé à deux ans).

*”La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l’enfant”.

Mention des sulfites obligatoire
L'étiquetage de la présence de sulfites sera obligatoire pour les bouteilles de vin au-dessus de 10 mg/l à partir du 25 novembre 2005. Les vins déjà présents sur le marché avant cette date pourront néanmoins continuer à être commercialisés. Il devra comporter la mention,“contient des sulfites” afin d’informer les consommateurs allergiques à cette substance.
Elle devra apparaître de manière visible et claire, mais pas nécessairement dans le même champ visuel que les mentions obligatoires : “elle pourra figurer sur la contre-étiquette ou la collerette, en une ou plusieurs langues de l’UE. Les caractères et leur taille ne sont pas fixés”

Bientôt nos bouteilles de vins ressembleront à des Colonnes Morris, celles qui font la pub des théâtres parisiens, mais… en moins jolies !


Vignerons Coopérateurs de l'Hérault
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