Edition Octobre 2004

 

EDITO du Président
Quand on nous prend pour des c. !

Depuis quelques semaines une déferlante d’hystériques démagogiques s’abat sur le monde du vin. Méthodiquement c’est à celui qui renchérira le plus, à coup de contre-vérité et de statistiques, à vérifier, sur les méfaits du vin, dit alcool.

Le gouvernement qui n’en est pas à une contradiction près, relié habilement par les médias nationaux, s’est laissé déborder par des députés organisés pour une réformette de la loi Evin pour mobiliser l’attention des citoyens et imposer ensuite une étiquette de plus au prétexte de la fameuse précaution. On voulait gagner en clarté, ça devient opaque.

Cette habitude permet de ne pas parler de l’essentiel. Un marché difficile, qui a besoin d’être accompagné plus efficacement à l’export. Que penser de l’obole faite à la viticulture de 5 millions d’euros pour conforter la conquête des points de marché ?

Après l’échec de Cap 2010, de Val de France, du partenariat, des AOC à deux vitesses et bientôt de l’accord global de la filière de juillet 2004 devant le ministre (segmentation, mixité et tout le reste ; cf. mon édito de juillet), où sont les initiatives gouvernementales pour remettre en route la machine à gagner ? Où en sont les réformes réglementaires pour mettre en accord l’offre de produits à la demande du consommateur ?

En partance, parait-il vers d’autres fonctions, notre ministre de l’Agriculture aura laissé un sentiment d’absence de décisions remarquable. Sous le prétexte du manque d’unité, le ministre s’est empressé de ne rien décider et d’ignorer les propositions des responsables de la filière, les faisant passer pour des inactifs. Diviser pour régner ; est-ce le but recherché ?

Au lendemain des vendanges, le mensonge continue, l’administration annonce des chiffres non vérifiés, les médias relaient et amplifient l’information en parlant une récolte exceptionnelle en quantité, alors qu’à part quelques excès comme en Gironde, nous sommes sur un millésime d’excellente qualité avec un volume normal.

Notre département fera 15 à 20% de plus qu’en 2003, mais 4% de moins que la moyenne quinquennale. On est loin de la récolte pléthorique ? Les prix doivent donc être à la hauteur de la qualité de nos produits et doivent permettre d’équilibrer nos comptes d’exploitation.

Nous demandons de tenir les prix au minimum au niveau de 3,80e le °/hl pour les vins de table et de 49 e hl pour les VDP de département.

Donc faire du bruit (ou laisser faire) sur les méfaits du vin, en dehors d’affaiblir encore plus la consommation, permet de ne plus soutenir les investissements indispensables, tels que reconversion du vignoble, modernisation des chais, export, environnement et paysage…, de faire voter des mesures restrictives de liberté et de pouvoir d’achat pour les citoyens consommateurs. Bref, la bande des nantis avec leurs complices députés, ministres et leurs financeurs amusent la galerie pour installer la politique de racket des producteurs au service du soi disant consommateur.

Nous ne sommes pas dupes !

Vignerons coopérateurs, je vous invite à réagir, sans vous trompez de cible !
Construisons ensemble les outils pour non seulement résister mais aussi entreprendre.
“Quand le sage montre l’étoile, le sot ne voit que le doigt”.

Fidèlement,
Jean Huillet



Réformes sociales : ce qui change en 2005
Réforme de la formation professionnelle : les principales dispositions

• Instauration d’un droit individuel à la formation (DIF) de 20 heures par an par salarié, cumulable sur 5 ans. Les formations seront effectuées à l’initiative du salarié et avec accord de l’employeur.

• Création du contrat de professionnalisation qui remplace les contrats de qualification, d’orientation et d’adaptation. Durée de 6 à 12 mois (24 mois exceptionnellement) dont 15% du temps de travail en formation (150h mini).

• Modification de la contribution des entreprises à la formation professionnelle : 1,6% minimum de la masse salariale pour les entreprises de plus de 10 salariés (contre 1,5% aujourd’hui), 0,55 % pour les moins de 10 (contre 0,25% actuellement).

• Obligation de tenir un entretien professionnel avec chaque salarié tous les deux ans. L’objectif est de déterminer les axes de formation pour les 2 années à venir.

• Possibilités de faire partir les salariés en formation en dehors du temps de travail contre le versement au salarié d’une allocation de 50% du salaire net. Les possibilités de formation sont élargies et les règles de prise en charge sensiblement modifiées.

Cette réforme illustre la volonté des partenaires sociaux d’accompagner les entreprises à investir dans leurs ressources humaines. A la vitesse où vont les choses, les salariés doivent se former en permanence pour adapter leurs compétences à leur métier. Les entreprises ont donc intérêt à réfléchir dès aujourd’hui à la mise en place de cette réforme qui peut être moteur de développement des compétences et de sauvegarde de la compétitivité.

Les modalités de mise en œuvre se négocient au niveau de la branche, donc au sein de la CCVF, depuis le mois de juillet 2004.

 


Investissements des caves coopératives de l’Hérault

• Tendance à la concentration des efforts d’investissement, c’est une constante depuis plusieurs années : en 2004 l’effort d’investissement atteint 18 Me pour 21 coopératives, soit un montant moyen par projet de 900 000e (en 2003, 29 projets et 600 000e par projet.)

• Tendance à la centralisation des vinifications sur un seul site, avec fermeture des sites périphériques.

• Les fusions sont à l’origine de trois projets d’investissement d’un montant global de 3 Me.

• L’effort d’investissement est important malgré une récolte de 5,8 Mhl la plus faible depuis 1915 (crise du phylloxera).

• Comme en 2003, un tiers des projets (7) représentent 75 % de l’investissement départemental.

• L’observation des projets des 8 dernières années permet de recenser trois types de coopératives :
- 30 dont l’investissement reste soutenu,
- 40 dont l’investissement est moyen à faible,
- 20 qui n’investissent plus depuis 10 ans.

Sur la période en question (8 ans), l’investissement moyen est de 31,55e/hl.

 


Dépérissement de la syrah

Une réunion à l’initiative du président de l’Entav, Bernard Nadal a permis de faire le point devant un auditoire très nombreux, significatif des préoccupations du monde viticole concernant les maladies des bois et plants de vigne. Les traitements traditionnels, nocifs pour l’environnement, ont été supprimés sans solution de remplacement. Il est urgent de lancer un programme national de recherche pour trouver des solutions. Une initiative sera prise avant la fin de l’année.

Le problème de la syrah concerne essentiellement 3 régions : Côtes du Rhône, Provence Alpes Côte d‘Azur, Languedoc-Roussillon. Les premiers symptômes sont apparus il y a environ 10 ans dans la région du Pic St Loup. Les symptômes se présentent sous forme de crevasses sur bois, des rougissements foliaires, puis c’est la mort du plant.

Trois causes possibles

• Agent pathogène
Aucune bactérie pathogène n’a été identifiée mais des champignons dont le rôle n’est pas prouvé sont associés au dépérissement de la syrah. Toutes les recherches ne sont pas terminées.

• Mode de greffage
Les crevasses sont observées quelle que soit la technique de greffage employée, il n’y a aucun symptôme en revanche sur les greffes en place. Ici encore il est nécessaire d’observer l’évolution des vignes sur le long terme (taux de crevasses, mortalité…).

• Porte-greffe utilisé
Porte-greffe 110 R et 90 R : 70 % de crevasses et rougissements foliaires
Porte-greffe SO4 : très irrégulier
Porte-greffe 161-49C, 101-14MGT, 3309C, riparia, 420A : sensibilité variable
Ici encore il faut poursuivre les essais sur les clones, en effet, le choix du porte-greffe peut-il inter-agir sur le clone ou moduler la sensibilité du clone et quel est le facteur dominant : le porte-greffe ou le clone ?

• Effet du clone :
Clones 73, 381, 383 : sensibilité au dépérissement
Clones 470, 471, 524 : peu sensibles

• A noter que la syrah plantée franc de pied ne présente aucun symptôme et que les vignes dont l’âge est supérieur à 20 ans ne dépérissent pas, ce sont plutôt les jeunes vignes qui dépérissent.

Perspectives d’études
Observation des parcelles dont le matériel végétal a été traité à l’eau chaude, protection des points de greffes et des plaies de taille, observation des parcelles regreffées depuis quelques années, recherche de viroïdes.

Renseignements : ENTAV 04 66 51 40 45



Femmes enceintes et alcoolisme, un sujet sérieux qui mérite mieux que des effets d’annonce
(extraits d’un communiqué de presse de Vin et Société )

Paris, le 20 octobre 2004 - L’amendement voté le 19 octobre au Sénat prévoit de répondre aux enjeux de l’alcoolisation fœtale par l’apposition d’un avertissement sur les bouteilles d’alcool. Face à la complexité et à la gravité de la problématique de l’alcoolisation fœtale, la solution proposée par le Sénat n’a pas fait l’objet d’une expertise préalable sur son efficacité. Recommandée par le Livre Blanc et soutenue par Jean-Pierre Raffarin, la création d’un Conseil de la Modération permettrait d’inscrire la prévention vers les femmes enceintes dans un dispositif global associant l’expertise des représentants du gouvernement, des sphères associatives, des acteurs de la Santé Publique et notamment des gynécologues, aux représentants de la filière viti-vinicole.

Xavier Carreau, Président de Vin & Société, commente : “Nous regrettons que la solution apportée par les pouvoirs publics à la problématique de l’alcoolisation fœtale ne relève pas d’un dispositif global de prévention et n’ait pas été précédée par un débat sur son efficacité. Cette politique de prévention, pour être efficace, doit rassembler et être définie par une réflexion globale et concertée menée à travers le Conseil de la Modération. Nous demandons instamment au Premier Ministre la mise en place du Conseil de la Modération pour éviter à l’avenir l’échange conflictuel entre professionnels et pouvoirs publics”.

 

 

Vignerons Coopérateurs de l'Hérault
Rond point de la vierge Maurin BP 20006 34871 Lattes Cedex
Tél: 04.67.07.03.20