Edition septembre 2004

EDITO du Président


L’étiquette : outil de la traçabilité

Si l’étiquette d’une bouteille est principalement là pour garantir l’identité d’un vin, elle doit être attractive pour orienter le consommateur dans son choix. Le terme “étiquetage” s’applique aux différentes mentions obligatoires mais aussi aux dispositifs de fermeture et aux pendentifs des récipients.

La réglementation européenne, applicable depuis 2003, prévoit désormais 3 catégories de mentions : les mentions obligatoires, les mentions facultatives qui peuvent devenir obligatoires par décret national et les mentions libres qui donneront une information non prévue par la réglementation. En France un décret, nécessaire pour apporter des clarifications sur certaines mentions, est en attente de signature depuis plus d’un an.

Les mentions obligatoires : Ces mentions doivent figurer sur le même champ visuel et doivent être claires et lisibles:
• La dénomination de vente pour les VDT (ex : VDT de France ou MVDP CE) et VDP (ex : VDP de Caux).
• Le volume (en litre, cl ou ml) et le titre alcoolémique (avec une tolérance de plus ou moins 0,5% vol).
• Le numéro de lot (qui apporterait une garantie de sécurité alimentaire).

Mentions à clarifier par le décret national
• La dénomination de vente pour les VQPRD avec la mention traditionnelle. En France, il faut mettre “Appellation d’origine contrôlée” ou “Appellation contrôlée”, le nom de l’appellation peut se trouver entre Appellation et contrôlée (Appellation St Chinian contrôlée).
• Le nom ou la raison sociale, la commune et le pays de l’embouteilleur. Outre le nom de la commune ou le code postal (F34500) de l’embouteilleur, il faudra préciser l’activité de l’embouteilleur : viticulteur, négociant, vignerons coopérateurs ou autre (un des points d’achoppement pour la signature du décret).

Les mentions facultatives : ces mentions, inscrites sur l’étiquette ou la contre étiquette, sont facultatives mais réglementées et sont là pour éclairer le consommateur.
• Les nom, adresse et qualité des personnes ayant participé au circuit commercial.
• L’indication d’une distinction à condition que le concours soit sur la liste publiée sur le Journal officiel européen en VDP et VQPRD (c’est le cas du concours des vins de la coopération de l’Hérault.

Mentions à clarifier par le décret national
• L’indication du type de produit (sec, demi-sec, moëlleux, doux).
• L’indication d’une couleur particulière (ex : gris de gris).
• Le millésime pour lequel la réglementation française prévoyait des conditions plus strictes : obligation de 100% des vins issus de la même année au lieu de 85% proposés par l’Europe.
• Le nom du ou des cépages avec la règle des 85/15 pour un mono cépage (ex : pour la mention syrah il suffit de 85 % du cépage en question) peuvent figurer sur une étiquette d’un VDP et VQPRD (le décret national devra le préciser, autre point à discuter).
• Le mode d’élaboration du vin (primeur, vendanges tardives) devra être précisé pour les VDP et/ou VQPRD.
• Les mentions traditionnelles complémentaires (méthode de production, d’élaboration, la couleur, le type de lieu, un événement historique…) bénéficient de protections extrêmement rigoureuses en VDP et VQPRD.
• L’indication du nom de l’entreprise intégrée au circuit commercial.
• L’indication relative à la mise en bouteille dans l’exploitation ou par un groupement.
• L’utilisation du nom d’une unité géographique plus grande ou plus petite que la région déterminée pour les VQPRD afin de permettre une meilleure lisibilité aux consommateurs (Ah bon !).
• La mise en bouteille dans la région déterminée pour les VQPRD lorsque cette indication est traditionnelle et d’usage.

Les indications libres
Elles permettent aux embouteilleurs de mentionner toute indication non prévue par la réglementation sous réserve d’être vérifiable et de ne pas créer de confusions.

Avec tout ça le consommateur devrait être subitement éclairé et sécurisé.

(Source : journée vinicole du 27 août 2004)



La traçabilité : tout le monde en parle

Depuis la grave crise de la vache folle, la traçabilité est devenue un des piliers de la sécurité des consommateurs et tout particulièrement de la sécurité alimentaire. Entre temps le règlement européen du 28/01/2002 a été publié et entrera en vigueur le 1er janvier 2005. Toutes les administrations, les experts, les cabinets de consultants en passant par les sociétés informatiques n’ont que ce mot à la bouche : Traçabilité.

Que cela veut-il dire ?

Le Petit Robert et le dictionnaire Larousse ne définissent pas ce mot. Dans le secteur viticole, la traçabilité, selon le règlement communautaire précité, ne commencerait qu’une fois le raisin récolté.

Dans ces conditions, la panoplie des textes existants en matière viticole protège largement et suffisamment le consommateur.

Le vigneron est intégré dans un casier viticole informatisé, (contrôlé par des photos aériennes), il a des fiches d’encépagement, il fait une déclaration de récolte, la cave coopérative a des tickets ou des registres d’apports ; en cours de vinification, il y a des registres de manipulation, de détention et d’entrées/sorties, chaque produit fait l’objet d’analyses internes ou officielles (agrément VP ou AOC) ; les caves coopératives sont de plus en plus impliquées dans la maîtrise de l’hygiène (HACCP) ou dans des démarches ISO, tous les contenants sont clairement identifiés, les produits ne circulent qu’avec des documents d’accompagnement, le numéro de lot est obligatoire depuis de nombreuses années, l’étiquetage est strictement réglementé, les règles de facturation imposent une bonne information du consommateur.

Que veulent-ils de plus alors ?

Aucun produit n’est aussi réglementé, contrôlé et suivi que le vin.

Consommateur, buvez (modérément) tranquille !

Bernard Ferret



Bilan de campagne 2003/2004
Les 6 principaux marchés à la production Languedoc-Roussillon en VDT et VDP

Avec un volume de contrats vrac de 10 millions d’hl en VDT et VDP les ventes sur ces segments de marché enregistrent une baisse de 7% par rapport à la campagne précédente. Ce sont les VDT qui enregistrent la plus forte baisse. En contre partie les prix moyens et le chiffre d’affaires générés sont en hausse respectivement de 13% et de 5%. Les prix pratiqués aurait donc permis de compenser la perte en volume.

Néanmoins ces chiffres sont à utiliser avec précaution pour plusieurs raisons :
• Les prix pratiqués en début de campagne ont permis aux caves coopératives d’y estimer les acomptes… mais certains vins sont vendus et non retirés, donc pas payés ?
• Le bilan des sorties de chais au 31/07/04 (source Douanes) est établi à 15, 652 Mhl dont 3, 109 pour les AOC * soit 11% de moins qu’en juillet 2003.

Il y a un écart de 1,4 Mhl entre le chiffre “tous vins” et le bilan théorique des utilisations à 17 Mhl.
Une fois encore se pose le problème de la fiabilité des chiffres. Il faut aujourd’hui que les producteurs s’approprient l’information existante pour faire un bilan qui puisse être un outil de prise de décisions rationnelles et ne plus baser leurs démarches sur des rumeurs qui courent la campagne.

* A fin juillet 2004, les VQPRD du Languedoc (données vrac, source CIVL) font état de 428 300 hl en Corbières, 133 857 en Minervois au prix moyen de 75r/hl. Pour les Coteaux du Languedoc, 218 570 hl ont été vendus au prix de 87r/hl, Faugères 7 920 hl à 118r/hl et Saint-Chinian 53 600 hl à 102r/hl. Les muscats de l’Hérault avec 37 735 hl sont en recul de 10% dû en particulier à une baisse du muscat de Lunel.



Risques en cave : soyez vigilants

Les risques pendant les vendanges sont accrus, l’activité est importante, les déplacements en cave nombreux, les opérations dangereuses se multiplient, la fatigue et le stress sont des facteurs aggravants.

Pour prévenir au maximum ces risques, les dirigeants doivent veiller toute l’année à vérifier la formation de leurs salariés (conduite chariots élévateurs, habilitation électrique, formation sauveteurs…), penser à écrire des procédures pour les opérations dangereuses (décuvage, sulfitage, utilisation des pressoirs, des filtres…), diminuer le risque produit. L’accélération du rythme de travail pendant les vendanges peut engendrer des erreurs dans leur utilisation. Quelques règles simples peuvent permettre d’éviter des accidents : conserver les produits dans leur emballage d’origine, veiller à ce que chacun soit identifié, lire attentivement les étiquettes…

Evaluation continue des risques

Les vendanges sont pour tous les responsables une période de stress, d’inquiétude. Il faut profiter de cette période pour enregistrer les situations vécues afin d’en tirer des enseignements.
Un système de fiches peut permettre aux salariés de consigner toutes les situations dangereuses rencontrées et éventuellement les incidents, les mauvaises manipulations, les chutes, les petits bobos, tout au long des vendanges. Elles serviront par la suite à avancer dans l’évaluation des risques, à mettre en place des actions correctives et à actualiser le document unique. Nous rappelons qu’il est important que ce document reflète la vie dans l’entreprise.

L’accompagnement s’effectue par la Fédération, suite aux formations de 2004 sur la mise en place de ce document. Des journées de suivi seront programmées en 2005 et de nouvelles sessions sont envisagées. Ces différentes formations ont fait remonter un besoin en détecteurs CO2, une consultation et des tests en cave ont permis de retenir deux appareils, une commande groupée a été lancée. La MSA s’est associée à l’opération et l’a soutenue techniquement et financièrement.

A l’avenir, cette action devrait se généraliser sur d’autres équipements.

Adresses utiles :
Fédération des caves coopératives : Valérie Granier - Tél. 04 67 07 03 35 - Fax 04 67 42 95 45
MSA : Conseillers prévention : Lucien Labit - Serge Guibert - Jean Paul Pailhoux - Edith Cathonet
Maison de l’Agriculture Place Chaptal 34 262 Montpellier Cedex 2 : Tél. 04 67 34 80 00/07/20 Fax 04 67 34 84 00 84


Vignerons Coopérateurs de l'Hérault
Rond point de la vierge Maurin BP 20006 34871 Lattes Cedex
Tél: 04.67.07.03.20