Union des vignerons héraultais

Editorial DECEMBRE
Responsables et vigilants

L’année 2006 se termine, encore une année difficile pour nous tous. Le Premier ministre vient d’annoncer un certain nombre de mesures de soutien à nos exploitations (TFNF, MSA, soutien à l’export régionalisé…).

Elles répondent partiellement au plan de revendications élaboré par les quatre syndicats de vignerons et les quatre fédérations des caves coopératives de notre région.

Nous continuerons en 2007, à défendre ce plan, il est courageux et réaliste. En ce temps de crise profonde, il serait trop simple, voir simpliste, démagogique ou populiste, de se contenter de chercher des boucs émissaires, ou encore de croire que seuls l’Etat, l’Europe et les “commerçants” sont responsables de tout.

La réalité est que nous traînons des millions d’hectolitres “sans utilité” qui pèsent sur l’organisation de l’offre de notre région même si d’autres dysfonctionnements existent, en particulier, dans la relation interprofessionnelle. Nous devons nous donner les moyens d’équilibrer notre offre par rapport à la demande avec les outils de régulation existants : distillation et arrachage piloté d’une part, action commerciale d’autre part.

En parallèle, il faudra bâtir. Dès 2007, nous devons élaborer une segmentation de l’offre visible par le consommateur, et donner du sens et de l’efficacité à Inter Sud de France.

Il faut que rapidement cette interprofession de bassin utilise les moyens financiers mis à sa disposition par les vignerons et les collectivités territoriales autour de Sud de France, au-delà de querelles de chapelles ou de carrières politique !

Nous serons vigilants sur ce dossier, il est de notre responsabilité.

L’arrachage définitif, inévitable dans notre situation, pour aider ceux qui souhaitent prendre une retraite méritée, ou pour les viticulteurs en grande difficulté, doit être vu comme un bras de levier pour un repositionnement de notre viticulture. Des outils se mettent en place pour limiter l’impact négatif pour les structures économiques (Plan de gestion de l’arrachage avec l’aide du Conseil général, et dans le cadre du Contrat de projet Etat-Région). Nous avons déjà connu ce problème dans les années 80, cela nous a permis de rebondir.

Oui, la crise est dure, mais nous devons tous ensemble nous battre pour en sortir le plus rapidement, donner de l’espoir à tous les vignerons, donner envie aux nouvelles générations de venir s’installer. Pour cela, nous devons donner une image positive de notre métier, positive de nos produits. Nous sommes le plus grand vignoble du monde et tous les espoirs nous sont permis, à condition de bâtir et de s’adapter aux nouvelles exigences des consommateurs que nous sommes aussi !

Arrêtons de cultiver le malheur, la misère, la persécution.

Patrice Poupelin, Union des vignerons héraultais

 

Les actions de l’UVH
L’Union des vignerons, créée ce printemps pour assurer la représentation et la défense de la filière, veut agir de façon cordonnée entre les différents syndicats (de la filière ou à vocation générale) sur les 4 départements viticoles de la région, et rechercher de nouvelles formes d’actions pour se faire entendre sans détériorer l’image des vignerons languedociens.

Plusieurs actions ont été menées régionalement et ont porté leurs fruits bien que les mesures obtenues soient encore bien insuffisantes dans notre situation. Les rassemblements du 15 février ont réuni plus de 15 000 personnes en Languedoc-Roussillon, maires, vignerons et professionnels du monde rural.

Premières mesures
Les pouvoirs publics ont réagi : un 2e plan Bussereau a été initié et le Conseil général de l’Hérault a mis en place une aide sociale d’urgence pour les viticulteurs les plus en difficulté (570 bénéficiaires au 30 octobre). Une exonération de la TFNB a été obtenue (15 à 17 millions d’€ au niveau régional !). Le Premier ministre vient d’annoncer la reconduite de cette mesure au titre de l’année 2006.

En fin de vendanges, en prévision de la nouvelle campagne, nous avons alerté les metteurs en marché sur les risques de dérive et la nécessaire concertation pour éviter un démarrage de campagne sur des rumeurs (courrier et rencontres des courtiers et des négociants).

Depuis, plusieurs réunions de travail sur l’organisation de la campagne et la régulation des marchés ont été organisées, une charte d’organisation de la campagne a été signée par un grand nombre de coopératives, et au moins sur les marchés des blancs, les prix pivots sont respectés. Nous resterons vigilants sur ce dossier !

Les syndicats de vignerons des départements de l’Hérault, de l’Aude et des Pyrénées Orientales se sont joints à l’action du syndicat du Gard auprès de la MSA pour exiger des reports et allégements de cotisation sociales des exploitants.

Des engagements encore insuffisants
Le ministre vient d’annoncer :
• une possibilité de report des cotisations sociales des exploitations les plus fragilisées à hauteur de 100% du montant des cotisations,
• l’abondement d’une enveloppe Agridiff (équivalente à celle de 2006, cad pour l’Hérault : 780 000 €) pour prendre en charge les cotisations sociales de 2007 dues au titre de l’année 2006 pour les exploitations les plus en difficulté.

Les syndicats et les fédérations des 4 départements ont transmis aux pouvoirs publics un plan de revendications comprenant des mesures sociales immédiates et des mesures structurelles pour ceux qui vont rester.
Si quelques propositions trouvent une réponse dans les annonces du ministre (complément pour la distillation Art 30, une réévaluation du montant de préretraite et des conditions d’accès simplifiées…), de nombreux points restent à ce jour sans réponse, en particulier au niveau de la demande de déplafonnement du rendement agronomique des VDT en exploitation mixte.

Pour toute information, contactez Isabelle Ribes, chargée de missions à la Fédération et responsable de l’animation de l’Union des vignerons héraultais.



Editorial JUIN

La distillation vient d’être annoncée : 1.5 million d’hectolitres en VDT, 1.5 en AOC. Bien sûr nous ne sommes satisfaits ni par les volumes, ni par les prix. Le gouvernement français a promis de compléter le prix européen. Espérons que ces aides arrivent vite, très vite. Toutefois, il nous faut utiliser ce quota sans retenue pour ne pas hypothéquer encore plus notre avenir.

Avec la même détermination, il nous faut préparer les conditions de production de la récolte 2006. Viniflhor va se mettre en place avec une nouvelle équipe, c’est son rôle de fixer les règles. Je veux croire que le idées émises au sein du Comité de bassin présidé Mr le préfet Thénaut seront le moteur de propositions modernes et adaptées pour la récolte 2006.

En premier, la question des rendements qui est un sujet tabou en France. Depuis 20 ans, on nous impose de les baisser à chaque crise ! C’est une erreur dramatique. Si l’on poursuit dans cette logique, nous ne pourront être compétitifs sur les marchés et cela rendra nos exploitations encore moins viables. Je prends date.

Il n’y a rien d’agronomique et de qualitatif dans ces baisses marginales et répétitives de rendement mais juste une volonté déculpabilisante de mutualiser le volume commercialisable sans tenir compte de la dynamique des entreprises et des impératifs par segment de marché : les raisins roulent d’un viticulteur à l’autre. C’est un discours démagogique et technocratique qui fait croire que la baisse des rendements entraîne la remontée des prix ! On n’a jamais laissé de raisins dehors !!!!! On s’adapte aux règles de production inventées la veille des vendanges. ( cf la décision sur les rendements en 2004… après la récolte)

Aujourd’hui nous demandons de la compétitivité sur les segments de marché et de la transparence sur les rendements !

Des proposition ont été faites par les organisations viticoles de l’Hérault (Fédération des caves coopératives, Vignerons indépendants et Fédération des vins de pays) : décloisonner les rendements de vin de pays de département auquel j’ajoute le respect des décrets des AOC et VDP OC et la libéralisation “des vignes autres” dites VDT sans compter les “usages autres” !

Bien sûr, ces règles ne peuvent s’appliquer sur tous les territoires viticoles. Chaque producteur doit pouvoir choisir les segments de marché auxquels il doit répondre et sur lesquels il doit être compétitif en optimisant ses capacités locales . Aujourd’hui il faut être simple et professionnel.

Ces propositions nous permettrons de regagner les parts de marché laissées à nos concurrents… de fait, il s’agit de RENVOYER LA CRISE CHEZ NOS CONCURRENTS !!

Enfin après la récolte 2006 et l’organisation plus judicieuse (au sens réglementaire) de la campagne, il nous faudra continuer à construire demain.

Les organismes de développement dont la Chambre doivent rapidement mettre des moyens pour accompagner le bouleversement technico économique que nous demandons : l’augmentation des rendements avec la maîtrise technique ne s’improvise pas, l’irrigation qualitative s’apprend et nos concurrents nous le démontrent (concurrents qui sont pour partie des Français).

L’arrachage inévitable va nous obliger à être imaginatifs et déterminés dans l’aménagement foncier et l’organisation du vignoble.

Etc. etc.……..

Il y a un avenir pour le vignoble du Languedoc Roussillon, à condition de couper avec les schémas du passé ; règles de production, pratiques œnologiques, marketing et fausses habitudes,…

Je crois résolument en cette région, mais un peu de modernité dans ce milieu arc bouté sur ces traditions parfois pesantes et contre productives rendrait notre avenir plus clair.

Patrice Poupelin

 

Les infos
Le syndicat installé depuis 3 mois, répond à de nombreuses demandes d’informations sur les différentes mesures d’aide : “Aides Bussereau”, TFNB, année blanche, aide sociale d’urgence du Conseil général.

Les aides Bussereau 2 : La commission viticole s’est réunie le 26 Juin.

Cette commission sera l’occasion d’envisager les ouvertures possibles au dispositif (/aux critères d’éligibilité retenus par la commission du 18 avril) compte tenu que le nombre de dossiers reçus aujourd’hui ne consommera pas l’enveloppe attribuée !
Nous vous informerons au plus vite des décisions prises.

La remise gracieuse de la TFNB
C’est, à ce jour, la mesure la plus significative : elle représente sur le département un coût évalué à près de 11 millions d’euros. Vous devez commencer à recevoir les courriers vous notifiant l’accord de remise totale de l’impôt ou les remboursements pour ceux qui avaient payé !

Année blanche
Les banques traitent au cas par cas les demandes d’année blanche pour le remboursement des emprunts. N’hésitez pas à nous faire remonter les problèmes que vous pourriez rencontrer.

L’aide sociale d’urgence du Conseil général
Au 29 mai, plus de 250 dossiers ont obtenu un accord et les premières mises en paiements sont parties !

Au-delà de cette aide vous pouvez bénéficier de la réalisation sur votre exploitation d’un bilan diagnostic professionnel agricole (BDPA), la proposition

vous sera notifiée dans le courrier d’attribution de l’aide de trésorerie. Ces diagnostics visent à vous accompagner au cas par cas afin d’envisager les mesures les mieux adaptées pour résister à la crise ou envisager des solutions de reconversion.

Restructuration du vignoble
Campagne 2005/2006
Le budget national 2007 pour la campagne 2005/2006 est de 106 millions d’euros (11 380 ha).

• 35 millions serviront à payer la RQD de l’année précédente (à rembourser l’emprunt fait par l’Office national interprofessionnel des fruits, légumes, des vins et de l’horticulture : tous les dossiers RQD 2004/2005 sont payés)

• 2 millions d’euros financeront les dossiers de la campagne précédente : 120 dossiers de plantation (reconversion classique) ne sont toujours pas payés et ne le seront qu’à partir d’octobre 2006.

• 40 millions sont à prévoir pour la RQD de la campagne 2005/2006

Il reste moins de 40 millions pour la France entière. D’après les estimations de plantations à venir, il en manquerait autant pour financer la campagne actuelle. Seront prioritaires les jeunes, les autres ramasseront ce qui restera !

Comme nous vous le disions dans le précédent Courrier des Vignerons les montants (prime de plantation et indemnités pour perte de récolte) sont fortement diminués, à l’exception des plantations dans le cadre de la RQD. Si vous envisagez une replantation avec transfert de droit vous ne pourrez bénéficier d’une aide qu’en demandant à rentrer dans le plan RQD !

A noter également :
Le remboursement des avances du Conseil Général sur les primes de plantation a été reporté une première fois en mai 2006, sera à nouveau reporté à mai 2007 !

CTE
Les signataires de CTE ont reçu un courrier de la DDAF concernant leur engagement CTE, et le risque de demande de remboursement sur l’aide perçue au titre des frais de dossier et diagnostic si la totalité des investissements envisagés n’avaient pas été réalisée.

Nous vous conseillons de déclarer à la DDA les éventuels modifications de vos engagements CTE ! Nous veillerons à ce qu’aucune pénalité ne soit appliquée : en effet, compte tenu des situations de crise de plusieurs secteurs de production le ministère de l’Agriculture a prévu un assouplissement des modalités de clôture des CTE, et cette déchéance de droit pour investissements insuffisants ne sera pas appliquée.

Vignerons Coopérateurs de l'Hérault
Rond point de la vierge Maurin BP 20006 34871 Lattes Cedex
Tél: 04.67.07.03.20