PREVISIONS VENDANGES 2011
Prévision en Languedoc Roussillon
Les prix sont tous en hausse avec la diminution forte de la production en 2010, des stocks faibles en début de campagne; le rythme des sorties s'est ralenti mais il n'y a pas de retard important à fin avril (15 jours ) et c'est inégal selon les producteurs. Tout est vendu quoiqu'il arrive. En GD les prix ont continué à progresser mais à un rythme moins soutenu que dans la dernière période. Les exportations ont fortement repris pour tous les vignobles et tous les pays, tirées par la demande US et chinoise.
En ce qui concerne la récolte, en LR, elle s'annonce sous de bons auspices mais le mois de juillet est prévu comme très chaud et sec par les météorologistes.
Les vignobles de l'hémisphère Sud ont vu leurs plantations rester stables voire baisser sur certains cépages Merlot, Chardonnay (on fera un point dans l'été à ce sujet). Nos vignobles languedociens ont subi les arrachages importants et les nouvelles entrées en production ne compenseront pas la baisse de potentiel.
DONC LES SIGNAUX SONT AU VERT ET TRES PROPICES A DES NEGOCIATIONS PROFITABLES POUR LES PRODUCTEURS ET LES COOPERATIVES.
Préparons les conditions d'entrée dans la prochaine campagne avec fermeté. Les pratiques habituelles de certains opérateurs vont reprendre du service : rumeurs et autres pour influencer les producteurs les plus fragiles et les moins informés , sur le ralentissement des retiraisons, l'annonce d'une grosse récolte, l'approvisionnement alternatif en Espagne, etc .
Outre l'argumentaire que nous venons de dérouler (et qui s'enrichira au fil des semaines jusqu'aux réunions de début de vendanges) , voici quelques orientations que nous vous proposons sur les segments de marché qui sont « directeurs » pour l'ensemble de nos vins. La demande reste très soutenue pour approvisionner les segments des vins de pays de département en rouges (Aude, Hérault, Gard dans une moindre mesure) notamment pour assurer la jointure entre les deux récoltes pour l'équivalent de deux mois de sorties et en activant au plus tôt les revendications des vins nouveaux avec les trois ODG concernés. Donner un signal au marché et aux acheteurs (courtiers et négociants) avant Vinexpo permettra de rassurer les clients finaux sur la disponibilité en vin.
Un objectif raisonnable serait d'assurer sur l'équivalent de deux mois de sorties (et non la totalité de la production) avec des objectifs de 65 à 70 € dès mi juillet (prix actuels) et de sécuriser l'achat par le versement d'un acompte de 15% tel que la loi l'énonce, pour amorcer ainsi le démarrage de la campagne.
Les vins de table suivront le même mouvement. Quant aux cépages, notre région reste le premier vignoble de Merlot du Monde hors AOC et les prix de nos vins de cépages sont toujours dans la fourchette basse mondiale; Donc un objectif de démarrage de campagne sur une fraction de volume aux prix 75 à 80 € avec l'acompte de 15% est très raisonnable dans le contexte actuel pour les cépages rouges.
Nous pensons que ces orientations seront de nature à démarrer sur des bases commercialement saines dès cet été et sans précipitation.
Rabobank Wine quaterly – Juillet 2011 – SYNTHESE
Tendances et prévisions sur le marché international du vin - Traduction FRCV LR
Tendances
Offre et demande globale proche de l'équilibre la réduction de l'excédent d'offre, l'amélioration de la consommation, les petites récoltes ont fait diminuer les stocks et accroître les prix des vins en vrac.
Un facteur majeur y a contribué avec la forte croissance des exportations mondiales : Espagne, Chili et Argentine ont vu leur exports fortement augmenter au 1er quadrimestre de 2011 conjointement à leurs faibles récoltes, et la diminution de leurs stocks.
Le cas du Chili :
l'effet positif de l'équilibre offre demande
Croissance des exportations : en bouteilles +17% (volume) sur 4 premiers 2011 vs même période 2010 et +6,4% en prix moyen; baisse des ventes vrac (-55%) mais faibles dispo (perte du stock et faible récolte 2010).
les difficultés du marché anglais (UK)
Le marché anglais était le principal marché du Chili ces 10 dernières années. Ce marché est devenu plus concurrentiel en termes de prix, et moins profitable pour les entreprises chiliennes, qui cherchent à en réduire leur dépendance. Ainsi les prix des vins chiliens en bouteilles ont cru de 13% sur ce marché mais avec une baisse de 5% en volume (mais ces prix sont toujours de 20% plus chers sur ce marché UK).
Les taux de change
Le peso chilien s'est réévalué fortement depuis 2008 (+27% depuis nov. 2008) érodant fortement les marges des industriels du vin chilien.
La pression à la hausse des prix vins en vrac
Cette hausse accroît les coûts de production car beaucoup de compagnies chiliennes achètent à des tiers leurs raisins ou leurs vins.
Diversification prioritaire sur des marchés valorisants
Les exportateurs chiliens dans ce contexte recherchent des opportunités de croissance sur des marchés secondaires avec de meilleurs prix même s'ils sont plus « petits » : Canada, Brésil, Scandinavie présentent de fortes croissances pour les vins chiliens.
Les poids des marchés US et UK pour les vins chiliens diminuent au profit d'autres marchés.
Anticipation
Pour les exportateurs chiliens, la hausse des coûts de production, le taux de change élevé du peso vont continuer à exercer une forte pression sur les prix. Le Chili manque encore d'une image forte et positive dans l'esprit des consommateurs et cela demande des années; certains pointent le succès du Malbec comme signature des vins argentins. Mais cette stratégie ne semble pas adaptée au Chili, même si le Carmenère produit d'excellents vins. Le Chili semble ne pas opter pour une stratégie mono cépage ou une solution unique. Sur le long terme les exportateurs devront plutôt multiplier les initiatives : développer de nouveaux marchés, développer la production avec des variétés à haute valeur, améliorer la qualité des vins, et les stratégies de marques; néanmoins le succès devra résister à la tentation d'accroître trop les superficies pour éviter les surproductions potentielles.
L'offre internationale
Une offre en baisse suite à l'arrachage significatif de vignobles en Europe. La Chine, l'Argentine les US continuent à étendre les leurs mais à aujourd'hui c'est insuffisant pour compenser les baisses; les conditions climatiques défavorables ont aussi joué un rôle important en réduisant l'offre et cela va continuer.
Dans l'hémisphère Sud
Australie : récolte 2011 +1%, meilleure que prévue, des stocks en baisse ont conduit certains à accepter des vendanges de mauvaise qualité; production en blanc en hausse de +12,7% et -9,2% pour les rouges (temps humide et froid pour les vendanges).
Nouvelle Zélande : hausse de 23% à 328 000 T avec fort rendement et de jeunes vignes en production : +34% région de Marlborough ; moins bonnes conditions dans le Nord.
Afrique du Sud : récolte moins abondante que prévue (pb climat, manque d'irrigation, et pluies dans l' Orange River, ce qui donne +1,4% de hausse sur 2010.
Argentine : récolte à +11% mais la hausse est allée sur les moûts plutôt que sur les vins : -10% de production en vins (14,64 M hl) et +77% sur les moûts (6,16 M hl)
Chili : récolte 2011 moindre que prévue (pb climatique) : entre 8,2 et 8,4 M hl contre 8,41 M hl en 2010 ; -16% de stocks
Dans l'hémisphère Nord
USA Comme en 2010, la récolte 2011 est placée sous des conditions climatiques difficiles (gel et neige en avril et mai, fortes pluies en juin). Un mois de retard par rapport à une année normale. Une production plus faible mais pas de pb qualitatif; la hausse des prix du raisin et des vins en vrac induiront des taux de croissance modérée pour les secteurs viticoles californiens dans les années à venir.
Europe : probablement récolte similaire en 2011 à celle de 2010, voire en baisse ; réductions des superficies, sécheresse dans quelques régions clés limiteront les capacités de l'Europe à une croissance de sa production;
Commerce international
Hausse des exportations par rapport à 2010 avec des croissances significatives pour les pays les plus importants (France Espagne Italie, Argentine) à l'exception de l'Afrique du Sud et de l'Australie du fait de leurs monnaies fortes.
Les marchés d'importation montrent des signes mitigés : UK croissance des volumes mais prix concurrentiels; légère baisse en volume en Allemagne mais valeur en hausse et amélioration sur marchés « coeur de gamme »; la croissance provient plutôt des marchés secondaires (Canada) ou émergents (Chine, Brésil, Corée du sud) ou de proximité (Mexique pour l'Argentine), Kénia et Nigéria pour l'Afrique du Sud.
France : hausse en valeur +20,7% (US, Allemagne, Chine, Canada)
Italie : +14,7% volume et +13,7% valeur (US, Suisse, Canada) et Russie pour les volumes +67%
Espagne : 32,7% volume et + 20,7% en valeur ; baisse prix moyen liée au poids du vrac ; croissance des conditionnés avec DO forte cependant (+28,7%) sans baisse de prix.
USA : +43% valeur et -3% volume due à faiblesse dollar et hausse des exports
Afrique du Sud : -11% alors que la rand continue à s'apprécier ; baisse plus rapide des conditionnés par rapport au vrac
Argentine : +7% volume et +15% valeur ; croissance plus rapide des vrac (+81%) et hausse des prix (+12% et +14% ) : marchés à plus forte croissance : US, UK, Suède, Suisse et Mexique
Chili : +17% volume (+6,4% valeur) en conditionné ; plus forte croissance sur haut de gamme avec DOP (US Canada Pays bas, Japon Brésil Chine)
Australie : -14,4% en volume et -11,5% valeur (nombreux facteurs comme récolte faible en 2010, dollar australien fort, discount généralisé)
Nouvelle Zélande : -6% en valeur et -10% en volume ; prix moyen unitaire en hausse depuis 2 ans ; prix moyen par bouteille à 9,51/litre (soit +7,6% pour mars 2009)
Importations aux USA
Continuent à croître avec hausse en valeur supérieure à la hausse en volume(cf prix du vrac) ; Italie et Espagne principaux contributeurs à la croissance vrac : forte croissance des imports effervescents (+42%); forte demande sur Malbec argentin; baisse Australie.
Analyse hausse des prix Vrac (source Ciatti)
hausse régulière sur 9 derniers mois alors que les ventes croissent et la production est restreinte (toutes variétés et toutes régions).
Commentaires sur les taux de change
le dollar US a vu sa pire performance depuis 1 an sur l'ensemble des pays du G10; malgré d'énormes stimuli de politique monétaire, la croissance est restée basse. La dette est toujours trop élevée avec un budget public très déficitaire. Les contraintes qui entravent les politiques fiscales limitent leur aptitude à faire de la croissance; la politique monétaire US restera accommodante et rabobank ne pense pas que la réserve fédérale augmentera les taux d'intérêt avant mi 2012, ce qui conduit à une pression à la baisse pour le dollar;
La faiblesse du dollar induit une valeur élevée pour l'euro. La crise grecque peut être contagieuse et entraîner une baisse de l'euro sauf si la crise aboutit à un développement positif;
Le dollar australien s'est apprécié depuis janvier mais avec un certain ralentissement. Une croissance ralentie avec la Chine pourrait faire baisser ce ratio élevé;
Le dollar NZ a été plus performant que le dollar australien. Le tremblement de terre de Christchurch a un impact sur l'économie et Rabobank pense que la réserve bank de NZ agira sur la hausse des taux d'intérêt ce qui aura un impact sur le taux de change.
Les IGP en ordre de marche
Malgré les retards administratifs, les changements incessants de règles du jeu ... les organismes de défense et de gestion des IGP viticoles ont déposé à temps leurs cahiers des charges, les plans de contrôle et les statuts des ODG (organisme de défense et de gestion ; label donné par l’INAO) nécessaires à la réforme des vins de pays / IGP.
Les professionnels ont donc rempli leur part du contrat. Il reste aux administrations et à la direction de l’INAO à donner un dernier coup de collier pour que les textes sortent à temps. Dans tous les cas, les nouveaux cahiers des charges des IGP vin seront applicables à la prochaine campagne.
Le millésime 2011 verra donc le nombre de vins de pays / IGP en Languedoc Roussillon passer de 58 à 23, pour la France il n'en restera plus que 75 sur les 150 gérés par décret. Les vins de pays ont intégrés les signes de qualité avec l’IGP. Le cahier des charges remplace le décret assorti d’un pan de contrôle que nous avons voulu juste et applicable face aux besoins du marché ; responsabilité de l’opérateur avant tout et contrôle aléatoire a posteriori de sa déclaration. Le maintien d’une « marque de qualité vigneron » forte et connue a été la ligne de conduite qui a conduit à cette réduction de moitié des ex vins de pays.
Pour Michel Servage, président de la Confédération Française des Vins De Pays, « les producteurs ont passé le cap difficile de la réorganisation et de la mise en place du nouveau système de contrôle, il faut maintenant renforcer le marché de leur segment IGP. Les disponibilités sont au plus bas et le rattrapage des prix doit continuer pour redonner des perspectives à la filière ».
De nombreux présidents de caves coopératives assurent l’animation des syndicats IGP en lien étroit avec les ODG
JURIDIQUE – FISCAL - SOCIAL |
Les registres de raisins et les tickets d’apports
Le congrès de la CCVF, qui s’est tenu dans le VAR les 5 et 6 juillet derniers, a pris une position claire et simple sur le problème soulevé l’année dernière par la DGCCRF.
La cave coopérative a une personnalité juridique reconnue comme récoltant mais reste le prolongement des exploitations des Vignerons Coopérateurs.
Dans le cadre du contrat coopératif, lorsque le vigneron coopérateur livre sa récolte à sa cave coopérative, cette dernière lui remet un « bon de livraison » qui mentionne son identité, la date, le poids et l’aptitude du raisin a été revendiquée dans une catégorie de vin.
Ce document n’a qu’une valeur relative et servira lors de l’établissement de la déclaration de récolte à valider la production finale du vigneron coopérateur selon le coefficient de vinification et la destination finale de la production.
On ne parle plus de ticket d’apport mais de « bon de livraison ».
Nous considérons qu’il ne faut pas ajouter de contraintes supplémentaires aux caves coopératives qui respectent déjà plus que d’autres la réglementation viticole. La prochaine étape consistera à faire reconnaitre la vinification en commun et le principe de la déclaration de récolte unique.
Le congrès de la CCVF a demandé qu’une expérimentation soit lancée dès cette année dans toutes les régions viticoles françaises.
Dérogation durée maximale du travail pendant les vendanges
Malgré la régionalisation, chaque antenne départementale doit faire une demande auprès de l’inspecteur de l’unité territoriale compétente.
Cette dérogation est chaque année plus difficile à obtenir, car il faut justifier le fait que les vendanges constituent une circonstance exceptionnelle nécessitant une durée de travail plus longue et donner aux salariés un certain nombre de contre parties.
L’accent est mis sur la sécurité du travail pour les saisonniers et la nécessité de bien les informer sur le poste qu’ils vont occuper.
Dans chaque département votre service juridique est intervenu pour vous permettre de vendanger dans les meilleures conditions. La règlementation est de plus en plus exigeante et parfois difficile à mettre en œuvre dans une période cruciale pour les vignerons et la cave coopérative.
Heureusement les dirigeants élus et salariés des coopératives savent s’organiser pour satisfaire à la fois la règlementation et les vignerons.
Bonnes vendanges à Tous.
|